À 50 ans, l’ancienne maire de la ville de Marrakech et ministre de l’Urbanisme est chargée de former le nouvel exécutif, après la victoire de son Parti Authenticité et Modernité (PAM) aux législatives du 23 septembre.
Le Maroc ouvre une nouvelle page de son histoire politique. Le roi Mohammed VI a nommé mardi Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement et l’a chargée de former le nouvel exécutif, conformément à l’article 47 de la Constitution. Elle devient ainsi la première femme à occuper cette fonction dans le royaume.
La nomination intervient quelques jours après les élections législatives du 23 septembre, remportées par le PAM, formation dont El Mansouri coordonne la direction collégiale depuis 2024. Le parti a obtenu 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui en a remporté 66, et l’Istiqlal, avec 65 sièges.
À l’issue de son audience avec le souverain au Palais royal de Rabat, la nouvelle cheffe du gouvernement a qualifié sa nomination de “moment historique”, soulignant qu’il s’agissait de la première fois qu’une femme accède à la tête de l’exécutif marocain.
“Nous sommes parfaitement conscients de l’importance de cette étape et des grandes attentes des citoyennes et citoyens, notamment des jeunes”, a-t-elle déclaré, promettant de travailler à un programme proposant des “solutions réalistes et concrètes”. Elle a annoncé qu’elle entamerait immédiatement des consultations au sein du PAM, puis avec les différentes formations politiques, afin de constituer le prochain gouvernement.

Une ascension politique au féminin
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri constitue une première pour le Maroc et fait d’elle la deuxième femme à diriger un gouvernement dans le monde arabe, après la Tunisienne Najla Bouden, qui a occupé ce poste entre 2021 et 2023.
Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri est avocate spécialisée dans le droit foncier et immobilier. Elle est titulaire d’une licence en droit privé de l’Université Mohammed V de Rabat, d’un diplôme d’études supérieures en droit des contrats d’affaires de l’Université de Montpellier et d’un certificat en droit anglo-saxon de Pace University, aux États-Unis. Elle est inscrite au barreau de Marrakech depuis 2005.
Son parcours politique commence en 2007, lorsqu’elle rejoint le Mouvement de tous les démocrates. En 2008, elle participe à la création du Parti Authenticité et Modernité, formation qui deviendra l’un des principaux partis politiques marocains.
En 2009, elle est élue à la tête du conseil communal de Marrakech, devenant la première femme à diriger la ville. Elle occupe cette fonction jusqu’en 2015, avant d’y revenir en 2021. Parallèlement, elle est élue députée en 2011, puis réélue en 2016. Elle préside également le Conseil national du PAM de 2015 à 2024.
En 2014, le magazine Forbes l’avait classée parmi les 20 jeunes femmes les plus influentes d’Afrique et elle avait été désignée la même année “Young Global Leader”. Elle est également membre de l’Association internationale des maires francophones et vice-présidente de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux.
Son ascension se poursuit en 2021 avec son entrée au gouvernement d’Aziz Akhannouch. Elle prend alors le portefeuille de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, qu’elle conserve jusqu’à sa nomination à la tête du gouvernement.
Depuis 2024, elle coordonne la direction collégiale du PAM. Cette fonction la place au premier plan lors des législatives de septembre 2026, à l’issue desquelles son parti arrive en tête avec 97 sièges.
Une majorité à construire
La nouvelle cheffe du gouvernement doit désormais transformer cette victoire électorale en majorité parlementaire. Avec 97 députés sur 395, le PAM ne dispose pas à lui seul des 198 sièges nécessaires pour obtenir la majorité absolue. Des négociations avec les autres formations seront donc indispensables pour constituer une coalition gouvernementale.
Avant même sa nomination, El Mansouri avait placé le pouvoir d’achat et la situation de la jeunesse parmi les priorités de son parti. Elle avait également évoqué la nécessité de réduire les disparités sociales et de répondre aux difficultés d’un “Maroc à deux vitesses”.
Le prochain gouvernement devra également superviser plusieurs dossiers économiques et sociaux majeurs, ainsi que les préparatifs du Maroc en vue de la Coupe du monde de football de 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal.





















