Le procès de Rachida Dati devant le tribunal de Paris se termine aujourd’hui. Au terme d’un long réquisitoire, les deux procureurs du Parquet national financier (PNF) ont réclamé quatre ans de prison, dont deux fermes sous bracelet électronique, à l’encontre de Rachida Dati. 450 000 euros d’amende ont également été requis contre l’ex-ministre, ainsi que la confiscation d’une valeur de 900 000 euros sur son patrimoine.
Le PNF requiert aussi cinq ans d’inéligibilité, cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique et cinq ans d’interdiction d’exercer le métier d’avocat avec exécution provisoire.
Les réquisitions sont sévères à l’encontre de l’ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy et de l’ex-ministre de la Culture d’Emmanuel Macron. Ces réquisitions, si elles étaient suivies par le tribunal lorsqu’il rendra sa décision dans quelques mois, feraient immédiatement perdre à Rachida Dati son mandat de maire du VIIe arrondissement de Paris et empêcheraient son retour dans la magistrature, au sein de laquelle elle vient d’être réintégrée et est actuellement en attente d’un poste.
Les procureurs dénoncent “une avidité”
En conclusion de quatre heures d'un implacable réquisitoire, les deux représentants du PNF ont fustigé de la part de Dati "une trahison de la vertu et de l'exemplarité", "un esprit de lucre, une avidité" et une "volonté de capitaliser sur un mandat public, au mépris de sa fonction, pour engranger le plus de profits possibles".
Contre "l'hubris" de l'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn, en fuite au Liban et qui est jugé en son absence, l'accusation a requis quatre ans de prison avec maintien du mandat d'arrêt à l'encontre de ce "chef d'entreprise qui se considérait l'égal de chefs d'État".
Eurodéputée à l'époque, la bouillante élue parisienne de 60 ans est soupçonnée d'avoir noué un pacte de corruption avec l'ex-PDG de Renault et illégalement fait du lobbying au Parlement européen pour le compte du constructeur automobile entre octobre 2009 et février 2013, en échange du versement de 900 000 euros.
La défense de Rachida Dati compte plaider la relaxe de leur cliente. En fin de journée, l’ancienne ministre aura droit, une dernière fois, à la parole pour les derniers mots. La décision du tribunal sera ensuite mise en délibéré.



























