Plus de 50 départements sont concernés par la vigilance orange canicule pour la journée de vendredi, une situation qui a conduit plusieurs municipalités à annuler la Fête de la musique prévue dimanche. Le "pic caniculaire remarquable" est attendu entre dimanche 21 et mardi 23 juin, avec des "pointes à 40 °C en particulier sur l'Ouest et le Centre", prévoit Météo-France.
Dans l'académie de Poitiers, les épreuves du grand oral du baccalauréat des élèves de terminale prévues lundi et mardi après-midi ont été reportées d'une semaine "en raison des conditions climatiques", a annoncé le rectorat jeudi.
C’est une première aussi tôt dans l’année : les autorités ont activé le numéro vert canicule 0800 06 66 66.

Mais le constat est là : certains trains ont été annulés et d’autres risquent de voir leur climatisation défaillir, a prévenu la SNCF, transformant les wagons en saunas. Malgré la multiplication des vagues de chaleur, la France n’est pas prête ; ses infrastructures ne sont pas prêtes.
Le gouvernement n’anticipe pas
Et la même rengaine se fait entendre : les autorités françaises n’ont pas pris la mesure du changement climatique et les investissements sont insuffisants.
Ce jeudi 18 juin, Oxfam accusait les pouvoirs publics de ne pas débloquer les ressources financières suffisantes. Selon son rapport, près de 4 000 personnes meurent chaque année à cause des pics de chaleur.
On observe en effet que les autorités ont choisi une stratégie de gestion de crise, mais que le volet anticipation est laissé de côté, parfois faute de moyens.
En 2021, seuls 7 % des écoles françaises étaient équipées de climatisation (Ademe). Ce chiffre n’a pas évolué. L'adaptation thermique du parc scolaire (dont 70 % des bâtiments datent de l'après-guerre) représenterait un investissement de plus de 40 milliards d'euros et est à la charge des départements et des régions.
Un déni collectif
Dans le magazine Reporterre, la paléoclimatologue de renommée internationale et membre du Haut Conseil pour le climat, Valérie Masson-Delmotte, critique cette semaine un "déni de responsabilité" de la part des responsables politiques et s’inquiète d’une "trumpisation" en France, entre coupes budgétaires et licenciements de scientifiques.
La planification et la déclinaison du Plan national d’adaptation au changement climatique ont quelque peu progressé.
Les municipalités auparavant dirigées par des écologistes voient parfois les nouvelles équipes remettre en question des investissements liés au changement climatique, comme la plantation d’arbres ou la végétalisation des cours d’école.
La climatologue souligne que les normes thermiques pour le confort des logements sont basées sur la canicule de 2003. "On parle là d’un record datant d’il y a plus de 20 ans."
La scientifique dénonce un "déni collectif" : les autorités et une partie de la population croient que ces pics de chaleur sont exceptionnels et non la norme. Dans son entretien, elle ne comprend pas pourquoi, dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle de 2027, l'adaptation au changement climatique n’apparaît pas.
Et l’urgence est là, car la France se réchauffe même plus vite que ses voisins. "On franchira les 50 degrés à l'ombre à Paris en 2050", prévient sur RTL la géographe Magali Reghezza-Zitt, si le rythme de nos émissions ne ralentit pas. Elle signe le livre Bienvenue en 2055, dans un monde neutre en carbone.





















