Le président français Emmanuel Macron a salué jeudi l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, estimant qu’il ouvrait une “nouvelle phase” pour le Moyen-Orient, tout en annonçant une mobilisation internationale destinée à renforcer l’armée libanaise et à consolider la stabilité régionale.
Lors d’un entretien accordé à Caroline Roux sur France 2 à l’issue du sommet du G7 organisé en France, Macron a affirmé que l’accord intervenait après plusieurs mois de conflit et de tensions régionales, soulignant que Paris avait constamment plaidé en faveur d’une solution diplomatique.
“C’est toujours mieux d’avoir un accord que la guerre”, a déclaré le chef de l’État français.

“Une nouvelle phase” après l’accord entre Washington et Téhéran
Selon Macron, l’accord permet un cessez-le-feu immédiat, la réouverture du détroit d’Ormuz ainsi que l’ouverture de négociations sur le programme nucléaire iranien, les capacités balistiques de Téhéran et les questions de sécurité régionale.
Le président français a toutefois jugé prématuré de désigner un vainqueur dans le conflit.
“L’Iran est militairement plus affaibli, nucléairement plus affaibli”, a-t-il estimé.
Macron a rappelé que la France n’avait pas participé aux opérations militaires et avait privilégié les efforts diplomatiques tout au long de la crise.
Le président français a indiqué que la France était disposée à participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le commerce énergétique mondial.
Il a toutefois reconnu que Paris n’avait obtenu aucune garantie concernant l’après-accord, la France n’étant pas partie prenante du texte signé entre Washington et Téhéran.
Le président français a affirmé que la réouverture du détroit contribuait déjà à la baisse des prix du pétrole et pourrait favoriser une diminution progressive des prix des carburants.
Il a également indiqué que les pays du G7 travaillaient à des infrastructures alternatives afin de réduire la dépendance mondiale au détroit d’Ormuz.
Macron a souligné que les futures négociations sur le nucléaire iranien impliqueraient directement la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Selon lui, ces trois pays demeurent essentiels en raison de leur rôle dans le régime de sanctions internationales et de leur expertise sur le dossier nucléaire.
Le président français a également plaidé pour l’implication des pays de la région dans les discussions afin de parvenir à un accord durable.
“Responsabilité” et “rationalité”
Abordant la situation au Liban, Macron a annoncé une initiative internationale destinée à soutenir l’armée libanaise.
“Nous allons très rapidement mobiliser la communauté internationale pour aider l’armée libanaise à reprendre le contrôle de son territoire”, a-t-il déclaré.
Selon lui, la stabilisation du Liban passe par le renforcement des institutions étatiques, le contrôle des armes par les forces armées libanaises et l’application du cessez-le-feu.
Le président français a précisé que Paris travaillerait avec Washington, Beyrouth et Israël afin de construire les conditions d’une paix durable.
Macron a estimé que la sécurité d’Israël devait être garantie tout en soulignant que celle-ci ne pouvait être assurée “par la conquête d’un territoire voisin”.
Le chef de l’État français a appelé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à faire preuve de “responsabilité” et de “rationalité”.
“La stratégie qu’il continue de poursuivre à Gaza, en Cisjordanie et dans le sud du Liban est, à long terme, contraire aux intérêts d’Israël, car elle alimente le ressentiment et la violence parmi toutes les populations de la région”, a-t-il déclaré.






















