L'Union des municipalités de la bande de Gaza a alerté jeudi sur le risque imminent d'une catastrophe humanitaire, sanitaire et environnementale, les services municipaux essentiels à Gaza étant au bord de l'effondrement.
Les services d'eau, d'assainissement et de gestion des déchets se détériorent en raison des restrictions imposées par Israël sur l'entrée d'huiles industrielles, de diesel, de pièces détachées, de pneus, de pompes et d'autres équipements nécessaires au fonctionnement et à l'entretien des infrastructures vitales, a déclaré l'Union dans un communiqué.
Elle a précisé que les pénuries d'huiles industrielles constituent la menace la plus grave, car les générateurs, les puits, les stations d'épuration et les machines municipales en dépendent directement. L'épuisement de ces huiles pourrait paralyser les opérations, même en cas de disponibilité limitée de diesel.
Les municipalités et les autorités de l'eau exploitent des dizaines de puits et de stations pour fournir quotidiennement plus de 140 000 mètres cubes d'eau à usage domestique et potable.
Ils déversent également chaque jour environ 60 000 mètres cubes d'eaux usées dans la mer afin d'éviter les débordements dans les zones résidentielles.
Plus de 3 000 mètres cubes de déchets sont collectés quotidiennement dans toute la bande de Gaza, mais la pénurie persistante de carburant et de pièces détachées pourrait paralyser les opérations de collecte et de transport, a déclaré le syndicat.
Ce même syndicat a indiqué qu'un tel arrêt entraînerait une accumulation de déchets dans les zones résidentielles et les abris, augmentant ainsi les risques de maladies, d'épidémies, d'infestations d'insectes et de rongeurs.
Un effondrement potentiel du système de services municipaux mettrait en danger la santé publique et aggraverait les conditions de vie de plus de deux millions de personnes dans la bande de Gaza, a averti le syndicat.
Ce dernier tient les occupants israéliens pleinement responsables de la situation et de ses conséquences humanitaires et environnementales.
"Le temps presse", indique le communiqué, prévenant que de nouveaux retards dans la fourniture de matériel opérationnel pourraient déclencher une crise humanitaire et environnementale de grande ampleur.
Depuis octobre 2023, les attaques israéliennes ont tué près de 73 000 Palestiniens et en ont blessé plus de 173 000, principalement des femmes et des enfants, selon les chiffres palestiniens.
Le communiqué ajoute que malgré le respect par le Hamas de la première phase de l’accord de cessez-le-feu, Israël n’a pas respecté ses engagements, tandis que les négociations sur la deuxième phase restent au point mort.
Le communiqué indique également qu’Israël a empêché l’entrée à Gaza de quantités convenues de nourriture, de médicaments, de fournitures médicales, de matériaux pour abris et de logements préfabriqués. Gaza abrite environ 2,4 millions de personnes, dont 1,5 million de déplacés, qui vivent dans des conditions catastrophiques.























