La première raison est évidente. Le président français avait promis un blocage de l’accès aux réseaux sociaux pour septembre 2026. La rentrée est passée et rien de tel n’existe, tout simplement parce que la loi voulue en la matière par le chef de l’État s’est vue retoquée au courant de l’été.
La France a adopté en juillet 2026 une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avant que le Conseil constitutionnel ne censure la mesure le 14 août dernier.
Une première loi visant à instaurer une majorité numérique avait déjà été promulguée en juillet 2023, mais ses principales dispositions concernant l'inscription des moins de 15 ans sur les réseaux sociaux sont restées inapplicables, notamment faute de décret d'application et en raison de difficultés liées au droit européen.
Dans sa décision du 14 août, il estime notamment que celle-ci était susceptible de concerner des services dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs n'étaient pas établis. Il juge ainsi que la restriction apportée à la liberté d'expression et de communication n'était pas "adaptée, nécessaire et proportionnée".
Donc impossible à l’heure actuelle d’imposer cette loi en France. On comprend de suite mieux l’appel européen d’Emmanuel Macron qui pourtant avait fait de ce dossier un dossier phare de la fin de son quinquennat.
"L'urgence est là", a insisté dans sa missive le président français, afin de "protéger tous les enfants de l'Union".
Le président français travaille sur ce dossier depuis des mois au niveau européen, il a constitué au fil des mois une coalition de pays de l’UE en faveur d’une "majorité numérique", même s’il existe des nuances entre eux, notamment sur l’âge à fixer.
L’Europe réfléchit à une majorité numérique
Plusieurs pays européens réfléchissent à une méthode pour limiter l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants et adolescents.
Le 26 novembre 2025, le Parlement européen a adopté une résolution non contraignante proposant un âge minimum européen de 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux sans autorisation parentale. Les eurodéputés souhaitent également qu’aucun enfant de moins de 13 ans ne puisse y accéder. Ce sont à tout le moins des bases de réflexion et indiquent une inquiétude portée par plusieurs pays membres.
La Commission travaille également sur cette question depuis des mois. En juillet, Ursula von der Leyen avait promis des propositions "après l’été".
Elle envisage un accès progressif et gradué pour différentes classes d’âge avec une interdiction d’accès aux moins de 13 ans et des limites d’accès moins strictes pour les 13-18 ans.
Emmanuel Macron espère, lui, réussir à imposer une interdiction aux moins de 15 ans.



















