Ces interdictions interviennent une semaine après un attentat raciste à Trappes qui a choqué la France. Cette décision a été prise à la demande du ministre de l’Intérieur en raison d’un "risque de troubles à l’ordre public". Des contre-manifestations étaient prévues pour dénoncer la tenue de ce rassemblement de l’extrême droite.
Depuis l’attentat de Trappes, où un homme noir a été tué et sept autres personnes blessées, la gauche, mais aussi des figures plus centristes, reprochent à l’extrême droite et à certains médias d’avoir créé un terreau favorable au passage à l’acte.
"À la demande du ministre de l’Intérieur, au regard des risques de troubles à l’ordre public, notamment à la suite de l’attentat de Trappes", les autorités "ont pris respectivement des arrêtés d’interdiction" pour le forum organisé samedi au Plessis-Robinson et la manifestation prévue à Paris dimanche.
Ces dernières heures, des organisations de gauche et des syndicats ont multiplié les appels à la "mobilisation antifasciste", notamment samedi matin au Plessis-Robinson.
Diffuser des thèses racistes
Dans cette ville à l’ouest de Paris devait se tenir une conférence intitulée "Remigration - ouvrons le débat", organisée par l’ancien élu du Front national (rebaptisé Rassemblement national, extrême droite), Jean-Yves Le Gallou, et son "think tank identitaire" Polémia.
Ce terme de "remigration" est employé par l’extrême droite radicale pour définir sa politique d’expulsion massive des personnes d’origine étrangère. La politique de Donald Trump s’inspire de cette thèse, qui vise à rendre une société plus "saine".
Martin Sellner, auteur autrichien, défend cette "remigration". Selon lui, il faudrait expulser d’Europe des centaines de milliers de personnes issues de l’immigration, sur la seule base de leur origine. Il considère ainsi que Mbappé doit rentrer en Afrique.
Dans son arrêté, le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que cette initiative repose "sur une idéologie xénophobe et raciste, fondée sur la conviction que les immigrés sont tous, par essence, constitutifs d’une menace pour l’avenir des pays européens et n’ont pas vocation à séjourner en Europe".
Cet événement devait également attirer Renaud Camus, l’écrivain qui a forgé le concept de "grand remplacement", ainsi que des élus du parti d’extrême droite allemand AfD. Éric Zemmour, du parti Reconquête, devait également intervenir en vidéo.
Polémia a indiqué dans un communiqué maintenir le colloque "tant que toutes les voies de recours n’auront pas été épuisées". L’organisation "a engagé un référé-liberté (procédure d’urgence) pour obtenir l’annulation de ce délire liberticide" devant la justice administrative.
"Pendant trois jours, l’extrême droite entend faire de Paris et des Hauts-de-Seine le théâtre de sa propagande raciste en organisant des événements sur le thème de la "remigration", ont dénoncé, dans un communiqué mercredi soir, une vingtaine d’organisations, la plupart locales.
Les organisations appelaient à se réunir vendredi devant une librairie parisienne pour dénoncer la venue du militant autrichien Martin Sellner, figure de la mouvance identitaire radicale et auteur d’un ouvrage baptisé "Remigration".
La séance de dédicace n’aura pas lieu : il a annoncé avoir été refoulé jeudi à son arrivée à l’aéroport de Beauvais, dans la région parisienne.





















