Israël a lancé des frappes aériennes sur l'ouest et le centre de l'Iran alors que des explosions ont été signalées dans plusieurs villes iraniennes, selon des médias israéliens et iraniens.
L'armée israélienne a affirmé lundi matin que son aviation avait frappé des sites militaires appartenant au “régime iranien”.
La télévision d'État iranienne a fait état d'explosions dans la capitale, Téhéran, ainsi qu'à Tabriz et Ispahan, tandis que l'agence de presse Tasnim a signalé des explosions près de la ville de Karaj.
L'agence IRNA a également rapporté qu'au moins trois explosions ont été entendues à Ispahan.
Ces frappes sont intervenues quelques heures après que l'Iran a lancé plusieurs salves de missiles vers le nord d'Israël suite à une frappe aérienne israélienne sur la capitale libanaise, Beyrouth, et sa banlieue sud.
Israël repousse Trump
Ces attaques ont encore davantage ébranlé la fragile trêve du 8 avril, alors que la guerre entrait dans son 100e jour et que les États-Unis peinent à conclure un accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit.
Trump avait cherché à freiner le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, alors qu'Israël accusait Téhéran d'avoir commis une “grave erreur”.
“Je vais appeler Bibi tout de suite et lui dire de ne pas riposter”, aurait déclaré Trump, selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, lors d'un entretien téléphonique, utilisant le surnom de Netanyahu.
“Israël a mené sa frappe et l'Iran a mené la sienne. Nous n'en avons pas besoin d'une autre”, aurait déclaré Trump.
Ravid a ensuite indiqué qu'un responsable américain avait déclaré que Trump avait parlé avec Netanyahu, bien que la Maison Blanche et Trump n'aient pas encore fait de commentaires.
La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, s'est jointe aux appels à la retenue.
“La reprise du conflit entre l'Iran et Israël n'est dans l'intérêt de personne”, a-t-elle écrit sur X, appelant à la diplomatie.
Les craintes de guerre pèsent sur les espoirs de cessez-le-feu
Téhéran a insisté sur le fait que tout accord visant à mettre fin définitivement à la guerre devait également stopper le conflit parallèle au Liban, où Israël mène une campagne contre le Hezbollah, mouvement soutenu par l'Iran, et avait averti que toute nouvelle attaque contre Beyrouth déclencherait une “reprise à grande échelle” des hostilités.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ali Safari, a déclaré à la chaîne de télévision Al-Mayadeen que les frappes de Téhéran intervenaient après des semaines de retenue face à l'agression israélienne, ont rapporté les médias locaux.
Les puissants gardiens de la révolution iraniens ont qualifié l'attaque d'”avertissement” après qu'Israël a frappé la banlieue sud de Beyrouth plus tôt dans la journée, menaçant de lancer des frappes plus importantes en cas d'agression répétée.
L'armée israélienne a également déclaré lundi qu'elle s'efforçait d'intercepter un missile tiré du Yémen, où des rebelles ont déjà lancé des attaques contre Israël.
Dimanche, le bureau de Netanyahu a annoncé que l'armée avait “frappé un centre de commandement militant dans le quartier de Dahiyeh à Beyrouth, en réponse aux tirs du Hezbollah vers le territoire israélien”.
Le raid a fait deux morts et vingt blessés, a annoncé le ministère libanais de la Santé.
Téhéran a également suspendu tous les vols entrants à son aéroport international, ont rapporté dimanche les médias locaux.
Cette forte escalade a fait flamber les prix du pétrole brut, tandis que les espoirs d'une réouverture imminente du détroit d'Ormuz, voie de transit cruciale pour le pétrole et le gaz, effectivement fermé par l'Iran, s'amenuisaient.
Les dernières attaques israéliennes contre l'Iran mettent à rude épreuve les efforts visant à instaurer un cessez-le-feu permanent dans la guerre irano-américaine.
Ces nouveaux échanges de tirs font craindre une reprise des combats et compliquent toute tentative de médiation pour mettre fin au conflit.
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