La déclaration de l'ambassadeur d'Israël en France, qui a affirmé préférer "n'importe qui" à Jean-Luc Mélenchon à l'Élysée, a suscité de vives réactions dans la classe politique française, le Parti socialiste et La France Insoumise (LFI) dénonçant une "ingérence inacceptable".
Interrogé sur France 2, le diplomate israélien Joshua Zarka a déclaré : "Je préférerais que ce soit n'importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon", en réponse à une question portant sur ses préférences entre le chef de file de LFI, un représentant du bloc central et le Rassemblement national (RN).
Sur un éventuel choix entre ce dernier courant et un héritier d'Emmanuel Macron, il a en revanche indiqué n'avoir "aucune position".
Au cours du même entretien, l'ambassadeur a reconnu avoir reçu Marine Le Pen à l'ambassade et que son adjoint avait rencontré Jordan Bardella "dans le cadre de discussions avec tous les acteurs politiques français". Il a justifié ce tournant par l'évolution du discours du RN, citant notamment le déplacement de Bardella en Israël et ses déclarations contre l'antisémitisme "de droite ou de gauche".
Tollé
Ces propos ont immédiatement provoqué des réactions sur les réseaux sociaux.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a dénoncé sur X une "ingérence inacceptable de la part d'un ambassadeur en poste en France", ajoutant que "les Français décideront seuls de leur avenir" et affirmant que "personne n'est surpris de voir un envoyé de Netanyahou assumer ses liens avec l'extrême droite française".
Le député LFI Arnaud Le Gall a pour sa part estimé que le diplomate était "supposé respecter une neutralité dans le pays où il exerce". Carlos Martens Bilongo (LFI) a quant à lui qualifié les propos d' "ingérence étrangère revendiquée", appelant l'État français à ne pas rester inactif.
Qualifiant les déclarations d'"une ingérence étrangère revendiquée", "dans une démocratie normale, les autorités françaises devraient réagir et condamner ce type de prises de position", a affirmé de son côté Manuel Bompard.
Ingérence israélienne
Les tensions autour de soupçons d'ingérence israélienne dans la vie politique française augmentent.
La justice française examine une possible implication de la société israélienne BlackCore dans la campagne des élections municipales de mars dernier, visant des candidats de LFI dans plusieurs villes, dont Marseille, Toulouse et Roubaix, selon des sources proches du dossier relayées par les médias français et internationaux.
L'ambassadeur a reconnu que son adjoint s'était rendu au Quai d'Orsay après que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l'avait convoqué à la suite de la diffusion par le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, d'une vidéo montrant des militants de la Flottille Sumud, dont des ressortissants français, agenouillés et les mains liées.
L'ambassadeur a qualifié cette convocation d' "abusive" et de simple "communication", estimant que Barrot "ne faisait qu'aider Ben Gvir" dans le contexte électoral israélien en le présentant "comme quelqu'un de fort".
Le diplomate a par ailleurs estimé que les relations franco-israéliennes traversaient leur pire crise depuis trente-cinq ans de carrière, tout en réaffirmant qu'Israël souhaitait maintenir de "très bonnes relations" avec la France, affirmant que la politique du gouvernement français rendait selon lui les choses "très compliquées".






















