EUROPE
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La Belgique épinglée pour les mauvaises conditions de vie dans ses prisons
Le Comité européen pour la prévention de la torture du Conseil de l’Europe dresse un constat sévère des prisons belges : surpopulation chronique, mauvais traitements présumés, soins insuffisants. Ce rapport suscite de vives réactions.
La Belgique épinglée pour les mauvaises conditions de vie dans ses prisons
Prisonniers dans un établissement de Namur cet été

Le rapport tombe à pic, si l’on peut dire : il coïncide avec un mouvement de grève du personnel pénitentiaire qui a débuté ce dimanche et qui va durer une semaine.

Le rapport décrit des prisons surpeuplées avec un personnel d'encadrement insuffisant. Et ici, les chiffres de la surpopulation carcérale sont synonymes de conditions de vie insalubres. Des détenus dorment sur des matelas à même le sol, des soins sont reportés faute de personnel, et parfois même des personnes internées sont enfermées dans des cellules souillées par des excréments.

Selon le comité anti-torture du Conseil de l’Europe, les graves problèmes observés dans les prisons belges "risquent d’exposer les personnes à des traitements inhumains et dégradants, et de fragiliser l’ensemble du système pénal du pays".

Le comité, qui a visité des établissements pénitentiaires dans plusieurs villes belges en mai 2025 (Gand, Haren, Marche-en-Famenne, Nivelles et Turnhout), se dit préoccupé par l’augmentation conséquente du nombre de plaintes pour mauvais traitements.

Le rapport mentionne des "gifles, des coups de poing ou de pied donnés par le personnel pénitentiaire lors d'interventions, très souvent dans des zones non couvertes par la vidéosurveillance".

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La surpopulation: "un problème structurel"

Si le taux d'occupation des prisons était de 118 % au moment de la visite des experts, la population carcérale a encore augmenté de près de 4 % depuis, "le nombre de personnes dormant sur un matelas posé à même le sol a plus que doublé", observe le président du comité, le Britannique Alan Mitchell.

Deux facteurs aggravent les effets de la surpopulation carcérale : le manque de personnel et la vétusté des centres de détention. Ainsi, les déplacements de détenus, les activités ou sorties prévues, qu'il s'agisse de consultations médicales ou d'audiences au tribunal, sont parfois annulés faute d’encadrement disponible. Le CPT enjoint au gouvernement belge de prendre des mesures rapides pour améliorer la situation.

Dans sa réponse officielle, le gouvernement belge reconnaît la gravité de la situation, tout en soulignant que des efforts budgétaires importants sont consentis pour la justice et le milieu carcéral.

Il met en avant une nouvelle loi qui doit entrer en vigueur le 1er octobre 2026. Elle permettra l'extension de la surveillance électronique et l'élargissement des libérations anticipées. La Belgique explique qu’elle a lancé un programme de rénovation de ses prisons. Le gouvernement prévoit l'ajout de plus de 2 000 places supplémentaires d'ici 2030. Il indique envisager aussi de louer des espaces d'incarcération à l'étranger, voire de multiplier les transfèrements vers les pays d’origine des détenus.

SOURCE:TRT français et agences