MOYEN-ORIENT
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Mosquées incendiées, raids meurtriers, expéditions: la Cisjordanie occupée au bord de la rupture
Washington limite les déplacements du personnel de son ambassade après plusieurs semaines d'escalade de la violence des colons israéliens illégaux, marquées par des incendies criminels, des raids et une intensification des déplacements forcés.
Mosquées incendiées, raids meurtriers, expéditions: la Cisjordanie occupée au bord de la rupture
La Une du magazine italien, "L'Espresso", en avril 2026, représentant un colon israélien harcelant une Palestinienne, avait marqué les esprits / L'Espresso

Une spectaculaire escalade des expéditions punitives coordonnées menées par des colons israéliens illégaux, des incendies visant des mosquées et des raids militaires punitifs a poussé la Cisjordanie occupée au bord d'une crise régionale majeure.

Face à la forte dégradation de la situation sécuritaire dans l'ensemble du territoire, l'ambassade des États-Unis en Israël a annoncé des restrictions temporaires de déplacement pour son personnel et leurs familles, leur demandant d'éviter tout déplacement non essentiel ainsi que les rassemblements publics au moins jusqu'à mercredi.

Le département d'État a confirmé rester en contact permanent avec ses partenaires régionaux concernant l'environnement sécuritaire extrêmement précaire.

Intensification des attaques des colons illégaux

Ces dernières semaines ont été marquées par une succession d'attaques menées par des colons israéliens illégaux contre des villes et villages palestiniens.

Des habitations, des terres agricoles et des véhicules ont été incendiés, tandis que plusieurs communautés ont signalé des agressions répétées, des campagnes d'intimidation et des tentatives visant à contraindre les habitants à quitter leurs terres.

Dans le village de Jalud, au sud de Naplouse, une famille palestinienne a été contrainte d'abandonner son domicile après près de trois mois de harcèlement croissant.

Selon des sources locales, des colons israéliens ont installé un avant-poste illégal à proximité, incendié la maison de la famille, coupé l'électricité et bloqué l'accès à la nourriture, à l'eau et à l'aide médicale avant de s'emparer finalement de la propriété.

Les responsables palestiniens et les organisations de défense des droits humains affirment que ce type d'incident devient de plus en plus fréquent dans l'ensemble de la Cisjordanie occupée.

Des groupes de colons israéliens illégaux ont incendié deux mosquées lors d'attaques distinctes dans le nord de la Cisjordanie occupée.

Les mosquées visées — la mosquée Al-Rahma à Qusra, au sud de Naplouse, et une mosquée du village de Kour, près de Tulkarem — ont subi d'importants dégâts structurels.

Les assaillants ont inscrit des slogans de haine en hébreu sur les murs calcinés.

Des images de vidéosurveillance tournées à Kour montrent trois colons israéliens illégaux faisant exploser des charges à l'entrée de l'édifice.

Selon les autorités palestiniennes, au moins 45 mosquées ont été vandalisées ou incendiées par des colons israéliens illégaux depuis le début de l'année 2025, illustrant une stratégie délibérée visant à terroriser les communautés palestiniennes locales et à les chasser de leurs terres ancestrales.

Les incendies des mosquées sont intervenus après un affrontement meurtrier vendredi dans le village de Tell, au sud-ouest de Naplouse, où des colons israéliens armés sont entrés sur des terres palestiniennes interdites sous couvert d'une randonnée non autorisée.

Cette intrusion a dégénéré en affrontements physiques et en échanges de tirs, entraînant la mort de quatre membres de la famille Ramadan — Ibrahim, Jawad, Farouq et Imran — ainsi que d'un soldat israélien et d'un "coordinateur de la sécurité d'une colonie".

Destruction totale

À la suite de l'incident de Tell, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israel Katz ont ordonné une "agression militaire à grande échelle" contre les communautés palestiniennes environnantes.

Les forces israéliennes ont imposé un couvre-feu strict à Tell, Bureij et dans les zones voisines, déployé cinq bataillons supplémentaires, mené des perquisitions maison par maison et arrêté plus de 70 Palestiniens.

Le ministre des Finances d'extrême droite Bezalel Smotrich a publiquement appelé à la destruction totale des villages palestiniens de Tell, Iraq Burin et Beit Furik.

"La population doit être évacuée pour sa propre protection, et ces villages doivent être débarrassés des infrastructures terroristes", a déclaré Smotrich, exigeant que l'armée agisse avec "toute sa force" afin de reproduire la destruction des camps de réfugiés de Naplouse et de Tulkarem.

Encouragées par cette rhétorique politique, des vagues de colons israéliens illégaux armés ont mené des expéditions punitives à Faraata, Imatin, Jit et Masafer Yatta.

Les colons ont ensuite incendié des maisons, des véhicules et des commerces, tandis que des bulldozers étaient utilisés pour déraciner des oliveraies matures.

Une confiscation systématique des terres

Les données compilées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) font état d'une augmentation continue de la violence des colons.

Entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026, les observateurs de l'ONU ont recensé 3.033 attaques menées par des colons israéliens en Cisjordanie occupée.

En 2026, la moyenne mensuelle s'est élevée à 190 attaques, soit une hausse de 24 % par rapport à la moyenne mensuelle déjà record enregistrée en 2025.

Cette violence a provoqué des déplacements forcés massifs.

Au cours des quatre premiers mois de 2026 seulement, 1.988 Palestiniens ont été contraints d'abandonner leur domicile, un chiffre supérieur de 20 % au total des déplacements enregistrés durant toute l'année 2025.

Les gouvernorats de Ramallah, Naplouse et Hébron sont ceux qui ont connu les plus fortes concentrations de violences des colons et de confiscations de terres.

Environ 700.000 à 750.000 colons israéliens illégaux vivent actuellement dans quelque 250 colonies et avant-postes illégaux établis à travers la Cisjordanie occupée et Jérusalem-Est.

En vertu du droit international et des résolutions des Nations unies, toutes les constructions de colonies israéliennes sur les territoires palestiniens occupés sont illégales. Les organisations de défense des droits humains avertissent que la violence des colons, soutenue par l'État, est en train de créer rapidement des faits accomplis irréversibles sur le terrain.

SOURCE:TRT français et agences