Le 4 novembre, le baril de Brent perdait près de 9 % et le WTI (indice de référence pour le pétrole américain), 8 %.
Ce matin, le Brent s’établissait à 93,83 dollars, tandis que le WTI glissait à 86,92 dollars. Le baril repasse ainsi sous les 100 dollars pour la première fois depuis début octobre 2026. Il semble que le résultat des élections américaines fasse espérer aux investisseurs une baisse des tensions au Moyen-Orient.
Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, explique : "Le nouveau Congrès pourrait utiliser son influence sur les dépenses pour contester des financements militaires supplémentaires et accroître la pression en faveur d’une solution diplomatique une fois qu’il prendra ses fonctions en janvier."
Les traders ont vendu massivement, pariant sur un retour rapide de volumes iraniens sur le marché mondial. Les ports iraniens sont encore aujourd’hui bloqués par l’armée américaine.
Une baisse des prix à la pompe ?
Cette baisse n’aura cependant que peu d’impact direct sur les prix à la pompe. Les stocks de diesel sont bas et les raffineries ont du mal à répondre à la demande, notamment aux États-Unis.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui compte 32 pays membres, vient pourtant d’annoncer la mise sur le marché de plus de 20 millions de barils de diesel dès que possible pour justement enrayer l’envolée des prix du diesel, mais le volume annoncé est inférieur à celui prévu en mars.
Le prix du diesel reste donc élevé sur le marché mondial. "La hausse des prix du gazole laisse penser à une certaine déception face à l’absence d’engagement ferme en faveur de volumes supplémentaires immédiats", a déclaré Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
Selon l’AIE, la pénurie n’existe pas malgré une hausse des prix et certains membres ont déjà mis sur le marché des volumes supérieurs à leurs engagements de mars, tandis que d’autres prévoient de faire de même. Environ 330 millions de barils ont été mis sur le marché à ce jour, a précisé l’AIE.
Côté américain, premier producteur mondial avec environ 13 millions de barils par jour, le pays compense en partie les déficits d’importation grâce à leur production de schiste, mais leur marge de manœuvre est limitée.
Washington a d’ailleurs jugé l’annonce de l’Agence internationale de l’énergie insuffisante: pour les États-Unis, les plans actuels de libération des réserves ne vont pas freiner la hausse des prix des carburants, a rapporté jeudi Bloomberg News.
Et le détroit d’Ormuz, lui, reste bloqué. Deux pétroliers et un remorqueur ont pris feu dans des incidents distincts après avoir tenté d’emprunter le détroit d’Ormuz, ont dit ce jeudi les Gardiens de la révolution iraniens. Le détroit est toujours miné par endroits.
Le lancement de la guerre contre l’Iran par les États-Unis a perturbé le commerce pétrolier mondial. L’approvisionnement énergétique mondial coûte aujourd’hui beaucoup plus cher qu’avant février 2026.
Les primes de risque ont pris l’ascenseur pour les armateurs, les salaires des marins également. Les cargaisons doivent emprunter des routes alternatives plus longues, ce qui renchérit les coûts logistiques.




















