Ali Cherri, qui a perdu ses parents dans un bombardement, avait porté plainte avec constitution de partie civile au printemps dernier aux côtés de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH). Cette démarche a permis la désignation de deux juges d'instruction du pôle des crimes contre l'humanité du tribunal judiciaire de Paris, a précisé Me Bectarte, son avocate.
Le bombardement israélien d'un immeuble résidentiel de Noueiri, à Beyrouth, le 26 novembre 2024, à la veille d'un cessez-le-feu, avait tué de nombreux civils.
Sept civils, dont les parents de l’artiste et leur employé de maison, avaient péri dans l’attaque. À quelques heures de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 27 novembre, entre Israël et le Liban, l'aviation israélienne avait lancé une vaste campagne de bombardements ciblant plusieurs quartiers de Beyrouth, sans avertissement.
Une première enquête en France sur les crimes d’Israël
Selon un communiqué de la FIDH, une information judiciaire a été ouverte par le pôle des crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris, "du chef de lancement d’une attaque délibérée contre un bien civil, constitutif de crime de guerre". Deux juges d'instruction ont été désignés.
Selon la FIDH, c’est la première enquête judiciaire sur les crimes d'Israël au Liban depuis le 8 octobre 2023 et le début de la guerre.

L’artiste franco-libanais a expliqué sa démarche. "L’ouverture de cette information judiciaire marque une nouvelle étape dans notre combat contre l’impunité et pour rendre justice aux morts", a-t-il déclaré.
Ali Cherri a porté plainte à partir des recherches effectuées par les organisations Amnesty International et Forensic Architecture. En février 2026, Amnesty International soulignait dans un rapport que la frappe avait été menée sans avertissement et concluait à une violation du droit international humanitaire.
En septembre 2026, une autre plainte a été déposée en France par un Français né au Liban. Cette plainte vise l'armée israélienne, qu'il accuse d'avoir arraché 600 oliviers centenaires appartenant à sa famille à Zaoutar el-Charqiyé, au Liban-Sud. Selon sa plainte, une action avec constitution de partie civile a été engagée pour vol, destructions et détériorations de biens constitutifs de crimes ou délits de guerre.






















