L'Éthiopie et le Soudan ont fermé leurs consulats respectifs situés près de leur frontière commune et expulsé leur personnel diplomatique, marquant une nouvelle détérioration de leurs relations sur fond d'accusations de soutien à des groupes armés combattant leurs gouvernements respectifs.
L'Éthiopie a fermé le consulat soudanais dans la ville frontalière d'Assosa et ordonné à ses six diplomates de quitter le pays dans un délai de 48 heures, a déclaré jeudi un haut responsable éthiopien à l'agence Reuters.
Le Soudan a riposté en fermant le consulat éthiopien dans la ville de Gedaref, dans l'est du pays, et en expulsant son personnel diplomatique, ont indiqué deux responsables soudanais à l'agence de presse.
Les responsables se sont exprimés sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité du dossier.
Aucune des deux parties n'a publiquement fourni d'explication détaillée concernant la fermeture des consulats.
Des accusations réciproques alimentent les tensions régionales
Le Soudan accuse l'Éthiopie de soutenir les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire qui combat l'armée soudanaise depuis avril 2023. Addis-Abeba dément apporter son soutien à cette organisation.
Dimanche, le gouvernement soudanais a annoncé avoir déposé une plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. Il accuse l'Éthiopie d'avoir autorisé les FSR à utiliser son territoire pour lancer des attaques de drones suicides contre des infrastructures civiles au Soudan.
De son côté, l'Éthiopie accuse le Soudan de soutenir des rebelles dans la région du Tigré, dans le nord du pays. Addis-Abeba a également accusé l'Égypte et l'Érythrée de soutenir les rebelles tigréens qui ont lancé une offensive contre les forces gouvernementales en septembre, ravivant un conflit qui s'était largement apaisé après l'accord de paix de 2022.
Le Soudan, l'Égypte et l'Érythrée ont rejeté ces accusations.
Ces accusations croisées font craindre une imbrication croissante des conflits dans les deux pays voisins, susceptible de provoquer une confrontation plus large dans la Corne de l'Afrique.
Le Soudan affirme vouloir éviter une guerre ouverte
Malgré l'escalade des tensions diplomatiques, le Soudan affirme ne pas souhaiter de confrontation militaire directe avec l'Éthiopie.
"Le gouvernement soudanais reste attaché à son droit de défendre son territoire. Il déploie néanmoins tous les efforts possibles pour éviter une guerre ouverte avec l'Éthiopie", a déclaré à Reuters Amjad Farid, conseiller politique et aux affaires étrangères du Conseil de souveraineté de transition soudanais.
Cette crise intervient alors que le Soudan continue de subir une guerre civile dévastatrice qui a déplacé plus de 14 millions de personnes, selon les chiffres des Nations unies, et provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde depuis le déclenchement des combats en avril 2023.
L'Éthiopie est également confrontée à une instabilité prolongée, notamment dans ses régions du nord. La reprise des affrontements entre les rebelles de la région du Tigré et les forces gouvernementales ravive les craintes d'un conflit plus étendu.























