MONDE
3 min de lecture
Hiroshima commémore les 81 ans du bombardement atomique américain
Le maire d'Hiroshima a appelé les grandes puissances à renoncer à la dissuasion nucléaire et au recours à la force, avertissant que ces politiques pourraient conduire à une nouvelle catastrophe nucléaire.
Hiroshima commémore les 81 ans du bombardement atomique américain
Le bombardement d'Hiroshima, le 6 août 1945, a détruit la ville et fait environ 140 000 morts

Hiroshima a commémoré jeudi le 81e anniversaire du bombardement atomique américain de la ville de l'ouest du Japon. À cette occasion, son maire, Kazumi Matsui, a critiqué les grandes puissances engagées dans des conflits et les a exhortées à cesser de justifier la possession d'armes nucléaires au nom de la dissuasion.

"Minimiser l'inhumanité des armes nucléaires et accepter le recours à la force pour assurer sa propre prospérité risquent d'alimenter un cycle de représailles violentes pouvant, à terme, conduire à un nouveau Hiroshima ou Nagasaki", a déclaré Kazumi Matsui.

Selon lui, trop de dirigeants politiques continuent de considérer la dissuasion nucléaire comme une approche réaliste et de légitimer la violence, ce qui "éloigne encore davantage la perspective d'un monde sans armes nucléaires". Dans sa déclaration de paix prononcée au Parc du Mémorial de la Paix d'Hiroshima, il a également appelé chaque citoyen à tirer les leçons du passé et à agir.

Environ 50 000 personnes, dont des représentants de quelque 120 pays et territoires, parmi lesquels les États-Unis et l'Iran, ont participé à la cérémonie. Une minute de silence a été observée à 8h15, heure à laquelle un bombardier américain B-29 avait largué la bombe atomique sur la ville le 6 août 1945, tandis que la cloche de la paix retentissait.

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, présente pour la première fois à cette cérémonie en tant que cheffe du gouvernement, a déclaré qu'elle adopterait "une approche réaliste" pour parvenir à un monde où les armes nucléaires ne seraient jamais utilisées, dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

La cérémonie intervient alors que des spéculations grandissent sur la possibilité que le gouvernement de Sanae Takaichi, favorable au principe de la dissuasion nucléaire, assouplisse les trois principes non nucléaires adoptés par le Japon après la Seconde Guerre mondiale lors de la préparation de nouveaux documents sur la sécurité et la défense prévue plus tard cette année.

Les principes non nucléaires en question

Sanae Takaichi a plaidé pour un réexamen de ces principes, évoquant notamment la possibilité d'abandonner le troisième, qui interdit l'introduction d'armes nucléaires sur le territoire japonais.

Elle a affirmé que le Japon continuait de respecter ses trois principes non nucléaires, sans toutefois s'engager explicitement à les maintenir à l'avenir.

Les survivants des bombardements atomiques ont exprimé leur inquiétude face au soutien croissant de la communauté internationale, y compris au Japon, à la possession d'armes nucléaires au nom de la dissuasion.

Protégé par le "parapluie nucléaire" des États-Unis, le Japon sollicite régulièrement des garanties de Washington concernant son engagement en matière de défense. Pour cette raison, le gouvernement japonais refuse jusqu'à présent de signer le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires ou de participer à ses réunions en qualité d'observateur.

Le bombardement d'Hiroshima, le 6 août 1945, a détruit la ville et fait environ 140 000 morts. Trois jours plus tard, une seconde bombe atomique larguée sur Nagasaki a tué près de 70 000 personnes. Le Japon s'est rendu le 15 août, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale.

Le nombre de survivants est désormais tombé à 91 105, soit environ un quart de leur effectif initial. Leur âge moyen dépasse aujourd'hui 86 ans, alimentant les craintes d'un effacement progressif de la mémoire des bombardements, les plus jeunes survivants étant trop jeunes à l'époque pour conserver un souvenir précis de l'attaque.

SOURCE:TRT français et agences