Les responsables de partis politiques sont tous venus ou se sont fait représenter, ils étaient autour de la table pour cette réunion aux accents graves, face, c’est vrai, à une crise énergétique qui plombe les budgets des Français et de l’État. La démarche politique a été saluée. Édouard Philippe d’Horizons l’estime saine pour le débat démocratique, Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, a également salué l’exercice proposé par l’Élysée.
Le Premier ministre et le président ont dressé un tableau plutôt pessimiste. L’impact de deux conflits est de plus en plus palpable. La guerre contre l’Iran perturbe l’approvisionnement en pétrole. La Russie provoque et teste la sécurité européenne de plus en plus souvent comme récemment à l’aéroport de Leipzig.
La situation est grave et la situation va encore s’aggraver, ce sont les informations présentées aux responsables politiques ce vendredi. “Un accord entre l’Iran et les Etats-Unis est peu problable à court-terme”, a conclu Emmanuel Macron.

L’exercice politique était aussi un exercice de communication pour un exécutif sous pression face à la grogne des Français. Lors de sa conférence de presse à l’issue de la réunion, le président de la République semblait surtout vouloir convaincre de son action. La France a multiplié les accords avec l’Irak, le Qatar, le Nigeria pour "multiplier les corridors énergétiques" et assurer les achats d’hydrocarbures. Le président va organiser un G7 de l’Energie.
La France a des stocks en carburant, les approvisionnements et les stocks sont assez bons avant l’hiver, a-t-il rassuré. "Nous n’avons pas choisi cette guerre", a-t-il martelé.
"Il faut accompagner nos compatriotes"
La communication est d’autant plus risquée que rien n’est venu rassurer les Français.
La "situation est dure pour beaucoup de Français", a-t-il admis lors de sa conférence de presse. "Il faut accompagner nos compatriotes", a-t-il ajouté, laissant espérer une annonce.
Mais Emmanuel Macron a pris alors un air sévère avant d’ajouter: “Je veux être honnête avec les Français. On a beaucoup protégé les Français pendant le Covid, (...) on ne va pas dépenser aujourd’hui de l’argent qu’on a pas pour une situation que nous n’avons pas créée."
L’exécutif a mis en place des aides pour plusieurs secteurs de l’économie comme les pêcheurs, les agriculteurs, elles seront réévaluées régulièrement.

Jordan Bardella du Rassemblement national et Éric Ciotti, de l’Union des Droites pour la République, ont résumé ainsi la situation : "la question du pouvoir d'achat a été balayée par le gouvernement". Jordan Bardella estime et défend toujours l’idée qu’il faut baisser la fiscalité sur les carburants.
Manuel Bompard, de La France insoumise, regrette, lui aussi, que le gouvernement n’annonce rien pour aider les Français qui souffrent de la hausse du prix du carburant. Il y a une "urgence sociale" et selon l’élu LFI, le gouvernement n’a pas pris la mesure du problème.
Olivier Faure, secrétaire national du Parti socialiste, conclut, lui, que les grandes lignes du budget 2027 font supporter aux plus modestes les conséquences de cette crise énergétique, alors que des allègements fiscaux sont encore prévus pour les entreprises.
La solution est-elle européenne?
Le président français n’a pas de solution franco-française, il va chercher une solution à la crise énergétique auprès de l’Union européenne. Emmanuel Macron a annoncé vouloir saisir la Commission européenne pour que l’UE agisse sur les prix. Comment? En mettant sur le marché le biocarburant, en raffinant plus vite, des pistes évoquées par le chef de l’État français.
Et les dirigeants français ne sont pas les seuls à se tourner vers Bruxelles. Ce vendredi, six pays de l'Union européenne réclament une taxe exceptionnelle sur les compagnies pétrolières, qui enregistrent de gros bénéfices. Les ministres des Finances de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Autriche, de la Pologne et du Portugal, ainsi que la ministre de l'Économie de l'Espagne, demandent que cette question soit abordée lors d’une réunion de tous les ministres des Finances le mois prochain.
Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, estime pour sa part que les entreprises énergétiques ne doivent pas "plumer" les consommateurs en cette période de crise, a indiqué une source au sein du ministère à l'AFP.






















