À l’occasion du 25ᵉ anniversaire de la loi du 21 mai 2001 reconnaissant l’esclavage et la traite négrière comme crime contre l’humanité, une cérémonie s’est tenue à l’Élysée en présence de nombreuses personnalités politiques, diplomatiques et associatives, notamment Christiane Taubira, rapporteure de la loi de 2001, et le directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany.
Le chef de l’État, Emmanuel Macron, a rendu hommage au travail mené autour de cette loi portée par Christiane Taubira, soulignant son rôle dans la reconnaissance de cette mémoire et dans l’évolution des politiques publiques de commémoration et de recherche historique.
Dans son discours, il est revenu sur les avancées réalisées depuis 25 ans : inscription du 10 mai comme journée nationale, développement de la recherche scientifique, création de lieux de mémoire et renforcement de l’enseignement sur l’esclavage et la traite dans les programmes scolaires.
Le président a également insisté sur la nécessité de poursuivre ce travail de mémoire, notamment à travers l’éducation, la recherche et la reconnaissance des victimes et des récits historiques longtemps marginalisés.
Le président de la République est revenu sur le Code noir, rappelant qu’”il subsiste encore un texte qui n'aurait jamais dû survivre à l'abolition de l'esclavage, encore moins traverser les siècles jusqu'à nous”, soulignant qu’il s’agit d’”un texte qui n'a jamais fait l'objet d'une abrogation formelle par la République”.
Il a décrit ce texte historique comme “promulgué en mars 1685 sous l'égide de Louis XIV, rédigé sous l'autorité de Colbert”, composé de “60 articles destinés à organiser la mise en esclavage d'êtres humains dans les colonies françaises”, visant à “réduire les Africains à l'état de biens meubles” et à encadrer les violences et la séparation des familles.
Le chef de l’État a estimé que, même si “depuis l'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, ce terrible code ne produit plus d'effets juridiques”, son maintien dans l’ordre juridique constitue un problème mémoriel et symbolique, affirmant que “le silence, voire l'indifférence que nous maintenons depuis près de deux siècles à l'égard de ce code noir […] est devenu une forme d'offense”.
Il a enfin annoncé soutenir une initiative parlementaire visant à son abrogation, en débat à l’Assemblée nationale le 28 mai prochain. Pour rappel le Code noir est un édit promulgué en 1685 sous le règne de Louis XIV, qui encadrait l’esclavage dans les colonies françaises.
Il définissait les droits des maîtres et les conditions de vie imposées aux personnes réduites en esclavage, considérées comme des biens meubles et privées de liberté juridique. Ce texte a structuré durablement le système esclavagiste dans les territoires coloniaux jusqu’à l’abolition définitive de l’esclavage en 1848.
Il a par ailleurs évoqué la poursuite du travail mémoriel et scientifique, notamment à travers les commissions historiques avec plusieurs pays, dont Haïti, le Cameroun, le Rwanda et le Ghana, afin d’approfondir les travaux sur la colonisation et ses conséquences.
Le président a également annoncé la poursuite des projets de mémoire, notamment la création d’un mémorial des victimes de l’esclavage à Paris, ainsi que la restitution d’œuvres et de biens culturels considérés comme acquis dans des contextes de domination coloniale.
Enfin, il a défendu une approche fondée sur la reconnaissance et la transmission, estimant que “reconnaître, c’est nommer et inscrire pleinement dans notre histoire”, tout en rejetant l’idée de déboulonner les statues ou d’effacer les traces du passé, appelant à leur contextualisation.
Pas de “fausses promesses” sur les réparations
En 2001, la France est devenue le premier pays au monde à reconnaître l'esclavage et la traite négrière comme des “crimes contre l'humanité”, sans toutefois verser de réparations.
Le président français a ainsi déclaré qu'il ne fallait pas éluder l'”immense question” des réparations : la question des réparations devait être abordée, mais a mis en garde contre les “fausses promesses”.
“Nous devons avoir l'honnêteté de nous dire qu'on ne pourra jamais réparer ce crime totalement, parce que c'est impossible. On ne pourra jamais le chiffrer, ni trouver les mots pour clore cette histoire” a-t-il poursuivi avant d’indiquer qu'il n'avait pas encore pris de décision définitive concernant les réparations.
La cérémonie s’inscrit dans un moment de réflexion plus large sur la mémoire de l’esclavage, la colonisation et les relations de la France avec l’Afrique, les Caraïbes et ses territoires ultramarins.
Le Code noir est un édit promulgué en 1685 sous le règne de Louis XIV, qui encadrait l’esclavage dans les colonies françaises.
Il définissait les droits des maîtres et les conditions de vie imposées aux personnes réduites en esclavage, considérées comme des biens meubles et privées de liberté juridique. Ce texte a structuré durablement le système esclavagiste dans les territoires coloniaux jusqu’à l’abolition définitive de l’esclavage en 1848.




















