Une enquête administrative va être ouverte concernant les antécédents du suspect dans la disparition de Lyhanna dans le Gers. Ce dernier a fait l'objet de plusieurs plaintes et signalements pour des faits de nature sexuelle sur des mineures.
Par exemple, une plainte pour viol a été déposée en août dernier par une enfant de 10 ans et il n'a pas encore été entendu à ce sujet.
Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats (USM), était invité ce matin sur Franceinfo et il pointe le manque de moyens de la justice.
Il y a quatre fois moins de procureurs en France que dans le reste de l’Europe, rappelle-t-il. Sa conclusion est limpide : "Il faut, au-delà de l'émotion, que les responsables politiques prennent la mesure de l'état dans lequel se trouve la justice. Elle n'est plus capable d'assurer ses missions de façon efficace."
En fait, si les enquêtes attendent de longs mois sur les bureaux des magistrats, c’est à cause d’un manque de moyens humains dans la justice, mais aussi dans la police. Il y a un manque important d’officiers de police judiciaire, ajoute-t-il.
76 % des Français jugent la justice trop lente
Dans une autre affaire, cette fois à Nice, début mai, deux jours après une fusillade mortelle dans le quartier des Moulins, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, pointait lui aussi le manque d’officiers de police judiciaire.
Aurélien Martini a décrit ce matin une justice et une police débordées, incapables de gérer les dossiers rapidement. “Les enquêteurs dans les brigades que je connais bien, puisque j'ai été en charge d'une section des mineurs, ont 300 à 350 dossiers en portefeuille”, a-t-il affirmé.
En février, la Revue politique et parlementaire en a même fait un dossier. Lorsque l’on a demandé aux Français, en octobre 2024, ce qui caractérisait le mieux la justice en France, 76 % des personnes interrogées ont répondu : la lenteur (sondage Verian en ligne auprès d’un échantillon représentatif de 1.000 personnes selon la méthode des quotas).
La France condamnée 258 fois par la CEDH
Les chiffres indiqués dans ce dossier décrivent une situation hors de contrôle. Le nombre de dossiers criminels en attente de jugement a doublé en moins de cinq ans. Rémy Heitz, le procureur général de la Cour de cassation, déclarait le 21 octobre 2025 sur Franceinfo : “La justice criminelle est en grand péril (…) les délais ne sont plus contrôlés.”
La durée moyenne des affaires menées par les juges d’instruction était de 37,9 mois. Pour les mineurs, le délai entre la commission des faits et l’orientation par le parquet des mineurs est de 16,1 mois en moyenne.
La France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour des violations de l’article 6 § 1 de la Convention, qui garantit que “toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue (…) dans un délai raisonnable”. Elle a ainsi été condamnée, de 1959 à 2022, à 285 reprises pour ce motif, soit trois fois plus que l’Allemagne et 10 fois plus que le Royaume-Uni (mais beaucoup moins que l’Italie), rappelle la Revue politique et parlementaire.
















