MOYEN-ORIENT
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Netanyahu avance ses pions au Liban au détriment d’un accord avec l’Iran
Israël et le Hezbollah ont échangé des tirs dans la nuit de lundi à mardi, pourtant Donald Trump a annoncé avoir obtenu un apaisement au Liban. L’offensive israélienne gêne les États-Unis dans leur négociations avec l’Iran.
Netanyahu avance ses pions au Liban au détriment d’un accord avec l’Iran
Hier, les menaces israéliennes sur Beyrouth ont déclenché un vent de panique et de nombreux habitants ont chercher à fuir / AA

Ni Israël ni le mouvement libanais pro-iranien n'ont réagi dans l'immédiat à la déclaration du président américain.

Le président américain a indiqué dans la soirée de lundi sur son réseau Truth Social qu'Israël et le Hezbollah lui avaient promis l'apaisement. Il a précisé que Benyamin Netanyahu s'était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah allait "cesser totalement le feu".

Selon ce texte, "les frappes israéliennes sur Dahiyeh (la banlieue sud de Beyrouth) cesseraient en échange de l'engagement du Hezbollah à s'abstenir de lancer des attaques contre Israël, le cadre du cessez-le-feu devant être élargi pour couvrir l'ensemble du territoire libanais", a indiqué sur X l'ambassade libanaise à Washington.

Sur le terrain, pas d’apaisement

Le Hezbollah a revendiqué ce mardi une attaque à la roquette contre un char israélien tôt mardi à Hadatha, dans le sud du Liban, assurant sur Telegram lutter contre "l'avancée des forces israéliennes".

En RelationTRT Français - Israël étend sa guerre contre le Liban, Beyrouth est désormais une cible

L'armée israélienne a en effet lancé une offensive à grande échelle sur le Liban en fin de semaine dernière. Israël occupait une bande de terre le long de sa frontière depuis le cessez-le-feu et a complètement détruit des villages et des bâtiments civils dans cette zone, mais très vite l’armée a étendu son rayon d’action jusqu’à menacer ce week-end de lancer des troupes sur Beyrouth.

Ce week-end, le Premier ministre israélien a justifié cette menace par la nécessité de “détruire le Hezbollah”. Il s’agit de l’incursion militaire la plus profonde depuis l'an 2000, quand Israël s'en était retiré après 18 années d'occupation.

Ceci alors qu’un cessez-le-feu a été signé le 17 avril et que des négociations directes entre les deux pays ont lieu. Une quatrième rencontre doit d’ailleurs avoir lieu aujourd’hui.

Trump insulte Netanyahu

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, critique ce matin sur France 2 le choix israélien : "Rien ne peut justifier" la poursuite des opérations militaires et une occupation prolongée d'Israël au Liban, a-t-il souligné.

La stratégie israélienne portée par Netanyahu et ses ministres d’extrême droite ne fait pas non plus les affaires des Américains. L'Iran a déclaré hier soir que tout accord avec Washington inclut un cessez-le-feu sur le front libanais.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont averti dans la foulée "que franchir les lignes rouges au Liban (...) équivaut à une guerre directe".

Selon le média américain Axios, Donald Trump a qualifié Benyamin Netanyahu de "complètement fou" et l'a accusé, au cours d'une conversation téléphonique, de mettre en péril les négociations avec l'Iran.

L’ONU veut des troupes onusiennes au Liban

Sur le terrain, le Hezbollah a revendiqué mardi une attaque à la roquette contre un char israélien à Hadatha, dans le sud du Liban, assurant sur Telegram lutter contre "l'avancée des forces israéliennes".

L'armée israélienne a, elle, annoncé l'interception de deux projectiles en provenance du Liban, sans faire état de blessés.

"S'il n'y a pas de calme dans le nord d'Israël, il n'y aura pas de calme pour le Hezbollah", a prévenu l'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, sur X lundi soir.

Hier soir, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni à la demande de la France. Les Nations unies ont mis en garde contre une détérioration préoccupante de la situation sécuritaire et humanitaire sur le terrain.

Le secrétaire général de l'ONU a recommandé de maintenir des troupes onusiennes au Liban après le départ, fin 2026, de la force de maintien de la paix actuelle (FINUL), une option qui risque de se heurter à l'opposition des États-Unis et d'Israël.

Depuis que le pays a été entraîné dans le conflit régional le 2 mars, plus de 3.412 personnes ont été tuées au Liban et plus d'un million ont été déplacées, selon Beyrouth. Le bilan est de 27 morts côté israélien : 26 soldats et un contractuel civil.

SOURCE:TRT français et agences