Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait mis en garde ces derniers jours contre une opération militaire massive de la Russie, après que celle-ci avait demandé aux ambassades des autres pays à Kiev d'évacuer.
Plusieurs heures après les frappes, les secouristes continuent de retrouver des corps sous les gravats d'immeubles endommagés. Les blessés se comptent par dizaines.
Le maire de la capitale, Vitali Klitschko, a fait état de six morts et 66 blessés dans sa ville. Dans la cité industrielle de Dnipro (centre-est), le bilan s'est alourdi à 15 morts, dont deux enfants, selon les autorités locales.
Ces frappes ont constitué "une attaque massive et une déclaration claire de la Russie : si l'Ukraine n'est pas protégée contre les frappes de missiles balistiques et autres, ces attaques vont continuer", a commenté le chef de l'Etat ukrainien sur les réseaux sociaux.
Son ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga a quant à lui accusé le président russe Vladimir Poutine de n'avoir pour "seule carte que la terreur" et affirmé que la Russie était "en train de perdre sur le champ de bataille".
Selon les données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), l'Ukraine a repris aux Russes quelque 282 km2 en mai, réduisant pour le deuxième mois d'affilée la partie de son territoire contrôlée par Moscou, qui gagnait du terrain depuis l'automne 2023.
"Mépris total"
Après plus de quatre ans d'offensive russe de l'Ukraine, les négociations pour mettre un terme au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale sont au point mort.
Selon la diplomatie française, ces nouvelles frappes russes illustrent un "mépris total" pour les efforts vers la paix.
L'armée de l'air ukrainienne a dénombré 73 missiles et 656 drones tirés par la Russie et assuré en avoir abattu respectivement 40 et 602.
Le ministère russe de la Défense a de son côté affirmé que cette "frappe massive" n'avait visé que des cibles liées aux forces ukrainiennes.
Tandis que des explosions de missiles retentissaient, des habitants de Kiev se sont précipités vers les abris chargés de sacs et de couvertures dans les rues, où un important panache de fumée s'est élevé, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Anastassia a passé la nuit dans sa salle de bains - quand il s'agit de tirs de missiles, le métro est trop loin. "Toutes les fenêtres ont explosé", témoigne-t-elle auprès de l'AFP.
Dans la ville portuaire d'Odessa (sud), une maternité et un hôpital ont été touchés, selon les autorités, mais il n'y a pas eu victimes.
A Kharkiv (nord-est), 14 personnes ont été blessées. Dans cette région frontalière de la Russie, les autorités ont ordonné mardi l'évacuation de plus de 7.000 civils de plusieurs localités, en raison "de la situation sécuritaire".
L'armée russe, qui bombarde régulièrement l'Ukraine, intensifie ses attaques en plein jour depuis quelques mois, entraînant une riposte des Ukrainiens qui ont accru leurs frappes, notamment de longue portée, contre la Russie.
Côté russe, un civil a été tué lundi dans la région de Koursk, proche de la frontière, par un drone ukrainien, a dit le gouverneur local Alexandre Khinchteïn.
Les forces armées ukrainiennes ont revendiqué une frappe sur la raffinerie d'Ilski dans la région de Krasnodar, dans le sud-ouest de la Russie, où les autorités locales ont fait état d'un incendie déclenché par un drone.




















