Les marchés mondiaux ont progressé lundi après qu'un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran a atténué les risques géopolitiques, réduit les inquiétudes concernant les prix de l'énergie et modifié les anticipations quant à l'évolution future des taux d'intérêt.
Les marchés asiatiques ont donné le ton en début de journée, le Nikkei 225 japonais progressant de 5 %, le Hang Seng de Hong Kong de 0,5 % et le Kospi sud-coréen de 5,2 %, les investisseurs saluant la perspective d'une baisse des coûts de l'énergie et d'une réduction des incertitudes géopolitiques.
Les actions chinoises ont également progressé, tandis que les devises régionales se sont renforcées face au dollar, portées par un regain d'appétit pour le risque.
L'accord, visant à mettre fin au conflit et à rouvrir le détroit d'Ormuz, l'une des voies de passage les plus importantes au monde pour le transport de pétrole et de gaz naturel liquéfié, a amélioré l'appétit pour le risque sur l'ensemble des classes d'actifs.
Les prix du pétrole ont reculé après que l'accord a atténué les craintes d'une perturbation prolongée des flux énergétiques mondiaux, tandis que les actions ont progressé, les investisseurs intégrant dans leurs anticipations une baisse des risques d'inflation et des perspectives plus favorables pour la politique monétaire.
Les métaux précieux ont également participé à cette hausse. L'or au comptant a progressé de 2,25 % à 4 313 dollars l'once, tandis que l'argent a gagné plus de 3,7 % à environ 70,2 dollars l'once.
La réaction des marchés est intervenue après des semaines de volatilité provoquées par le conflit, qui a débuté fin février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. La décision de Téhéran de bloquer le détroit d'Ormuz en représailles a entraîné une forte hausse des prix de l'énergie, suscitant des inquiétudes quant aux chaînes d'approvisionnement mondiales, à l'inflation et à la politique des banques centrales.
Ces perturbations ont accentué la pression sur les prix à la consommation, notamment dans les pays importateurs d'énergie. Aux États-Unis, l'inflation a atteint 4,2 %, son plus haut niveau en trois ans, renforçant les anticipations selon lesquelles la Réserve fédérale et les autres grandes banques centrales pourraient maintenir des taux d'intérêt élevés, voire envisager de nouvelles hausses.
Prévisions nuancées
Cependant, l'accord de paix a rapidement nuancé ces prévisions. La probabilité que la Fed relève ses taux d'intérêt en décembre est tombée à 48 %, contre 69 % la semaine précédente.
La baisse des prix du pétrole devrait atténuer la pression sur l'inflation globale, offrant ainsi aux banques centrales une plus grande marge de manœuvre pour éviter un resserrement monétaire supplémentaire. Cette situation a contribué à soutenir simultanément les actions, les actifs sensibles au risque et les métaux précieux.
L'or, qui avait perdu plus de 19 % depuis février dans un contexte de hausse des rendements, de renforcement du dollar et d'inquiétudes liées à l'inflation, a profité de l'évolution des anticipations. Actif non rémunérateur, le métal jaune est généralement soumis à des pressions lorsque les taux d'intérêt augmentent, mais progresse lorsque les anticipations de hausse des taux diminuent.
Les analystes ont déclaré que l'accord marquait un tournant pour les marchés mondiaux en réduisant l'un des principaux risques géopolitiques pesant sur les investisseurs. Ils ont toutefois averti que la pérennité de cette hausse dépendrait du maintien de prix du pétrole à un niveau bas, de la poursuite de la modération de l'inflation et de l'adoption d'une politique monétaire moins restrictive par les banques centrales dans les mois à venir.
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