Premier accroc à ces souhaits du gouvernement. Les cours seront "totalement ou partiellement" suspendus ce lundi 5 octobre dans "400 à 500" lycées où les conditions de sécurité "ne sont pas réunies", a annoncé dimanche le ministre de l'Éducation nationale.
Parti mi-septembre d'un lycée de Créteil, près de Paris, le mouvement des lycéens - qui réclament notamment plus de moyens humains et financiers - s'est étendu à toute la France et s'est enflammé.
Façades incendiées, professeurs agressés... Sur les 3 700 lycées du pays, "entre 400 et 500" ont dû suspendre leurs cours vendredi, parce que les conditions de sécurité matérielles n'étaient "pas remplies", ou que des personnels "ont été directement visés". "Il y en aura probablement autant lundi, mais avec une reprise partielle des cours", a indiqué dimanche le ministre de l'Éducation Édouard Geffray.
Le gouvernement réagit après 10 jours de manifestations
Le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de calmer le jeu, il a proposé dimanche soir dans une "feuille de route" adressée à plusieurs de ses ministres un calendrier pour répondre à une partie des revendications.

Le chef du gouvernement demande notamment le lancement dans chaque académie dès cette semaine d'un "traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus", avec un premier bilan attendu le 16 octobre.
Il convoque également une réunion mardi avec les présidents de région sur la rénovation des établissements scolaires et réclame à ses ministres de premières propositions d'améliorations de Parcoursup d'ici à la fin octobre.
En Île-de-France, la présidente de la région, Valérie Pécresse, s'attend à ce que plus d'un tiers des lycées restent fermés lundi, soit plus de 160 établissements.
"Je suis triste parce que je pense à ce tiers de lycéens qui ne va pas avoir cours pendant des semaines", a prédit la présidente de la région la plus peuplée du pays sur Franceinfotv.
Depuis les premiers blocages, "78 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés", (...) "24 établissements ont été incendiés ou saccagés" et, en incluant les dégradations de logements de fonction, la facture atteint probablement "entre 20 et 30" millions d'euros, a détaillé le ministre de l'Éducation.
Manifestation nationale mardi 6 octobre
La secrétaire générale de la CGT confirme sur TF1 ce matin que la CGT participera à la journée nationale de mobilisation de demain, "pour que nos chasubles rouges permettent de protéger le droit à manifester des lycéens".
L'Union syndicale lycéenne a en effet promis un "acte III" mardi. Plusieurs syndicats de l'Éducation nationale vont les rejoindre.
Le gouvernement fait tout pour discréditer le mouvement. Il continue à accuser la France insoumise d'être à l'origine du mouvement. Invité dans l'émission de débat "Franc-jeu", face au coordinateur de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard, le ministre a de nouveau accusé la formation de gauche radicale d'avoir "incité au blocage" et favorisé la flambée de violences. "S'il y a quelqu'un qui est responsable de cette mobilisation, c'est vous ! Parce que cette situation, c'est la conséquence de dix années de politique macroniste", a répliqué Manuel Bompard.
Manuel Bompard a "déploré" les violences mais regretté que l'exécutif "résume" le mouvement aux débordements et cherche ainsi à "éteindre" des "revendications légitimes".
Il a encore fustigé des interventions "absolument disproportionnées des forces de l'ordre".
Une répression violente avant un début de dialogue
Plusieurs organisations, dont le syndicat de la magistrature (SDM), le syndicat de gauche CGT ou la Ligue des droits de l'Homme, ont accusé le gouvernement et les forces de l'ordre de "réprimer" la jeunesse avec des moyens "disproportionnés".
Les forces de l'ordre "ne répriment pas la jeunesse" mais "protègent" élèves et étudiants désireux de "porter pacifiquement leurs revendications", a répondu dimanche le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, déplorant des "accusations graves et sans fondement". Le ministre semble ignorer le choc provoqué par les vidéos où la police bastonne de jeunes adolescents, gaze des manifestants et les cordons sanitaires que les parents ou les enseignants ont formés pour protéger les jeunes lycéens de la police.
Il est exact d'ajouter que ces blocages se sont accompagnés de dégradations comme des feux de poubelle ou des bris de mobilier urbain. Depuis lundi, les autorités ont dénombré plus de 5 000 interpellations, dont environ 85 % de mineurs, en marge du mouvement.
Un adolescent de 16 ans a notamment été placé en garde à vue après l'agression d'un enseignant à La Ciotat, dans le sud, qui a été aspergé d'essence. Un autre, âgé de 15 ans, soupçonné d'avoir actionné un spray enflammé sur le visage d'une passante à Marseille, ville méditerranéenne, a été mis en examen dimanche pour "acte de barbarie".
Deux personnes ont aussi été placées en garde à vue à Belfort (est) pour avoir participé au passage à tabac d'un policier, mais l'un d'eux a lui-même déposé plainte pour "tentative de meurtre".
Dans le même temps, une seconde plainte a été déposée à Tours par des parents. Leur fils lycéen a perdu un œil lors du blocage de son lycée. Ses blessures sont compatibles avec un tir de LBD selon les médecins, une arme utilisée par les forces de police.






















