Cinq ministres sont donc réunis aujourd’hui à Copenhague pour mettre en œuvre ce que le tout nouveau règlement européen permet : la mise en place de hubs de retour pour les personnes déboutées de leur demande d’asile.
Ceux qu’on appelle déjà le Groupe de cinq veulent donc enclencher le processus. Des délégations de ces cinq États se sont déjà rendues à Kigali la semaine dernière, selon le Journal du Dimanche.
"Côté danois, nous nous attendons à être prêts à envoyer les premiers étrangers dans un pays partenaire d'ici la fin de l'année prochaine", a déclaré Morten Bødskov, le ministre danois des Migrations, dans un communiqué.
Avec ses homologues allemand, néerlandais, autrichien et grec, il tient vendredi une réunion pour la mise en place de ces centres de départ en dehors de l’UE.

"C'est une étape importante sur la voie d'un système d'asile et de migration plus efficace", a insisté M. Bødskov. "Nous n'acceptons pas que les étrangers en séjour irrégulier au Danemark soient récompensés par nos difficultés à les renvoyer".
Le Parlement européen a approuvé en juin 2026 un règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d'asile, incluant la possibilité pour ses pays membres de conclure des accords afin d'installer des centres de rétention hors des frontières de l'Union. Un règlement destiné à accélérer les expulsions, mais qui suscite des inquiétudes chez les défenseurs des droits humains.
Durant sa présidence de l’Union européenne en 2025, le Danemark a milité pour un durcissement de la politique migratoire. Il avait réuni 19 pays européens afin de demander à la Commission d'œuvrer pour permettre la création de ces hubs de retour.
L'identité du ou des pays partenaires n'a pas été révélée, mais l'Ouganda et surtout le Rwanda sont considérés comme des destinations possibles. Un centre prévu en Ouganda pourrait être opérationnel en 2027 et accueillir jusqu’à 10 000 personnes, selon plusieurs médias africains.
Une solution pas si facile
Amnesty International a mis en garde jeudi les pays européens qui souhaitent renvoyer des personnes vers ces centres de retour situés hors de l’Union européenne. Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes, estime que "par leur conception, et quel que soit leur emplacement, les "centres de retour" comportent le risque de graves atteintes aux droits humains, notamment la détention arbitraire, et les mauvais traitements".
Selon le Règlement de l’Union européenne (UE) relatif au retour, ces accords ne peuvent être conclus qu’avec des pays qui respectent les normes et principes internationaux en matière de droits de l’homme, a tenu à rappeler Amnesty International.
Ainsi, le Royaume-Uni a dû abandonner un dispositif similaire qui prévoyait d'expulser vers le Rwanda des migrants en situation irrégulière, tandis que les centres gérés par l'Italie en Albanie se sont heurtés à des recours juridiques et à une mise en œuvre lente.























