Le procès en Irak de six Français jugés pour des accusations de terrorisme a débuté dimanche, et la prochaine audience a été fixée au 5 octobre.
Ces dernières années, Bagdad a jugé des centaines de membres présumés de Daesh, dont de nombreux étrangers, qui avaient commis des atrocités en Irak et en Syrie voisine à partir de 2014, avant d'être défaits.

Au cours de l'audience, qui a duré près de trois heures, le juge a donné lecture des conclusions de l'enquête, parmi lesquelles figuraient les déclarations des suspects.
Selon un journaliste de l'AFP qui assistait à l'audience, les six Français sont Charlie Sun, Kamel Ben Mbarek, Mehdi Ismaël Sida, Ibrahim Azahaf, Noureddine el-Mansouri et Najib Megherbi.
Ibrahim Azahaf était arrivé en Syrie à l'âge de 14 ans, selon les avocats français Marie Dosé et Matthieu Bagard. Noureddine el-Mansouri a été déchu de sa nationalité française en juin 2026, mais la décision fait l'objet d'un recours.
Les six hommes ont assisté à l'audience, certains vêtus d'une combinaison orange.
L'enquête a établi que les suspects avaient rejoint des territoires contrôlés par Daesh après s'être rendus d'abord en Turkiye.
- Demande de rapatriement -
Avant le début de l'audience, un journaliste avait vu des véhicules de transfert de prisonniers et des voitures diplomatiques françaises arriver au tribunal de Bagdad.
Les six accusés faisaient partie d'un groupe de 47 ressortissants français transférés en 2025 de la Syrie voisine, où ils étaient détenus.
Dans ce groupe figure Adrien Guihal, un vétéran du terrorisme français qui a notamment revendiqué l'attentat de Nice, dans le sud de la France, qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016.
Alors que la question du rapatriement des suspects de Daesh et de leurs familles est un sujet controversé en France, pays ciblé par d'autres attentats , des avocats français avaient exhorté Paris à rapatrier "de toute urgence" les détenus français transférés en Irak qui y risquent selon eux la peine de mort.

Dans un communiqué publié jeudi, ces avocats, dont Marie Dosé et Matthieu Bagard, ont dénoncé l'opacité des procédures judiciaires menées en Irak, et l'impossibilité de représenter leurs clients, privés ainsi selon eux des droits de la défense.
Les tribunaux irakiens ont prononcé des centaines de condamnations à mort et de peines de prison à perpétuité contre des personnes reconnues coupables de "terrorisme", y compris des centaines de combattants terroristes étrangers de Daesh , dont certains capturés en Syrie et transférés de l'autre côté de la frontière.
En 2019, ils ont condamné à mort 11 ressortissants français, dont la peine a été commuée, en appel, en prison à perpétuité.
Des organisations de défense des droits humains ont dénoncé le caractère précipité de ces procès pour "terrorisme", les jugeant expéditifs et dépourvus de garanties procédurales.
Les prisons irakiennes, déjà bondées de suspects de terrorisme, comptent des milliers de détenus supplémentaires depuis leur transfert de Syrie.
Début 2026, plus de 5.700 personnes d'une soixantaine de nationalités, soupçonnées d'appartenir au groupe terroriste, avaient été transférées en Irak après des années dans des camps du nord-est de la Syrie tenus par les forces kurdes.
- Des milliers de suspects -
Leur transfert en Irak avait été effectué par les Etats-Unis après le retrait des forces kurdes de cette région, sous la pression de l'armée syrienne qui s'y était déployée.
Parmi les 5.700 personnes figuraient au moins cinq ressortissants français.
Début septembre, la justice irakienne a indiqué qu'elle avait achevé l'interrogatoire de ces milliers de suspects et qu'elle allait désormais pouvoir les juger.
Les investigations ont permis d'identifier plusieurs commandants terroristes ainsi que six personnes soupçonnées d'avoir d'avoir réduit en esclavage des membres de la minorité yazidie, persécutée par le groupe Daesh, selon la justice irakienne.
En avril, l'Irak avait remis deux détenus originaires de Finlande et des Etats-Unis à leurs pays respectifs après avoir établi qu'ils n'avaient pas été membres de du groupe terroriste.
A la faveur de la guerre en Syrie (2011-2024), le groupe j s'était emparé de vastes pans de territoire dans ce pays ainsi qu'en Irak. Accusé de multiples exactions, il a été vaincu en 2017 en Irak et en 2019 en Syrie, avec l'appui de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
Il conserve cependant des cellules dormantes dans des zones désertiques.
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