Ces propos ont été tenus lors d'un point de presse avec le président de la Commission électorale centrale, Noam Sohlberg, venu lui remettre les résultats officiels.
Ces résultats définitifs sont inchangés et la commission a souligné l’absence de preuves de fraudes, d’irrégularités ou d’interférences dans le scrutin, contrairement aux déclarations du camp du Premier ministre sortant, Netanyahu.
Lors de la déclaration conjointe avec Isaac Herzog, le juge Noam Sohlberg a dénoncé le "danger réel" que créent ceux qui cherchent à "mettre en doute le résultat des élections".
Le président israélien, lui, a condamné "les comportements grossiers et les propos racistes" visant la minorité arabe israélienne. "La violence", qu'elle soit physique ou verbale, n'a "pas sa place parmi nous", a-t-il ajouté.
Les allégations de fraudes massives portées par le camp de Netanyahu ont tendu les négociations. Sans en apporter la preuve, il accuse les partis arabes d'avoir acheté des voix avec de l'argent du Qatar.
Le président israélien doit recevoir ce soir et jeudi les représentants des différents partis qui seront représentés à la Knesset (le Parlement) après le scrutin du 27 octobre, qui s'est achevé sans majorité, ni pour le camp de Benjamin Netanyahu ni pour le bloc de l'opposition mené par le centriste Gadi Eisenkot.
Un appel au compromis
"Dans la réalité actuelle, sans vainqueur évident après les élections, je demande de l'originalité et de la créativité, du courage et de la bonne volonté", a déclaré Herzog.
Les partis "doivent comprendre qu'ils ne pourront pas tenir tous leurs engagements et toutes leurs promesses" de campagne, a-t-il mis en garde, tout en soulignant qu'il ne demandait "à personne de renoncer à ses valeurs fondamentales".
Les résultats officiels du scrutin pour la 26e Knesset donnent 53 sièges au camp de Netanyahu, 48 au bloc de l'opposition de Eisenkot et 19 aux deux listes majoritairement arabes, elles aussi hostiles à Netanyahu.
Il faut un minimum de 61 députés pour obtenir la majorité au Parlement israélien.
En théorie, le camp anti-Netanyahu pourrait donc facilement atteindre la majorité, mais plusieurs dirigeants du bloc mené par son rival, Eisenkot, s'opposent à toute alliance avec les partis arabes.
Netanyahu, "dangereux pour Israël"
Tendre la main aux Palestiniens d'Israël, comme sont désignés les Arabes israéliens, qui représentent environ 20 % de la population, risque de braquer une partie de l'électorat juif.
Benjamin Netanyahu le sait bien et a dénigré jusqu'au bout les formations arabes, les qualifiant de "soutiens aux terroristes", et les accusant de vouloir "islamiser Israël" et réduire l'État juif à néant, à en croire les messages dont il inonde les réseaux sociaux.
Son allié d'extrême droite Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a encore exhorté mercredi les services du renseignement intérieur (Shin Bet) à "arrêter tous les dirigeants des partis politiques arabes aujourd'hui" pour les interroger.
De son côté, le chef de la gauche, Yaïr Golan, dont le parti Les Démocrates est membre du bloc d'Eisenkot, a appelé à tourner la page de l'ère Netanyahu, devenu "dangereux pour Israël".
Il a aussi affirmé que le maintien de Netanyahu au pouvoir exposait Israël à un risque d'isolement international et de sanctions, après la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat aux États-Unis.
Malgré la paralysie politique qui guette, le président Herzog, qui a habituellement un rôle largement honorifique, veut à tout prix éviter de nouvelles élections. Il a prévu d'achever ses consultations jeudi soir, mais n'exclut pas de les prolonger.
Il a jusqu'au 11 novembre pour choisir un candidat chargé de former un gouvernement.























