POLITIQUE
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Elections de mi-mandat: Trump sous pression, les démocrates rêvent de reprendre le Congrès
Le scrutin intervient dans un climat de forte polarisation politique, marqué par les inquiétudes concernant le pouvoir d’achat, la hausse des prix de l’énergie, l'immigration et les conséquences de la politique étrangère américaine.
Elections de mi-mandat: Trump sous pression, les démocrates rêvent de reprendre le Congrès
Les Américains sont appelés aux urnes ce mardi 3 novembre / AFP

“Faites comme si j’étais moi-même candidat”. Donald Trump a lancé cet appel à ses partisans alors qu’il multipliait encore les efforts de campagne dans cinq États américains, à la veille des élections de mi-mandat. Déterminé à faire de ce scrutin un test de soutien à sa présidence, le locataire de la Maison-Blanche entend mobiliser son électorat pour éviter un revers républicain au Congrès.

Les Américains sont appelés aux urnes ce mardi 3 novembre pour renouveler l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. À deux ans de la prochaine présidentielle, ce scrutin s’annonce comme un test politique majeur pour Donald Trump, dont la popularité est au plus bas. 

Portés par des sondages favorables et le mécontentement d’une partie de l’électorat face à la situation économique, les démocrates espèrent reprendre le contrôle du Congrès et contraindre le président à composer avec une opposition renforcée.

Pour les démocrates, ces élections représentent une occasion de sanctionner la politique du président américain et de reprendre les leviers du pouvoir législatif. Pour les républicains, l’enjeu est de conserver leurs majorités au Congrès afin de permettre au chef de l’État de poursuivre son programme sans être entravé par l’opposition.

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Les sondages donnent l’avantage aux démocrates

Les derniers sondages d’opinion dessinent un paysage électoral difficile pour les républicains. Selon un sondage Reuters/Ipsos réalisé du 29 octobre au 2 novembre, 52 % des électeurs susceptibles de voter déclarent privilégier le candidat démocrate dans leur circonscription, contre 44 % pour le candidat républicain. L’écart atteint huit points dans cette enquête menée auprès de 1 765 adultes américains.

Une autre mesure du même sondage, portant sur les électeurs inscrits, donne aux démocrates 46 % des intentions de vote, contre 38 % aux républicains. Cet avantage de huit points est toutefois inférieur aux onze points enregistrés une semaine auparavant, signe d'un resserrement de l'écart à l'approche du scrutin.

La popularité de Donald Trump constitue également un point de vulnérabilité pour son camp. Sa cote d’approbation s’établit à 32 % dans cette enquête, un niveau proche de son plus bas historique depuis son retour au pouvoir. 

Les moyennes nationales confirment cette tendance. Selon l'agrégateur PollCheck, les démocrates disposent d'une avance d'environ huit points sur les républicains dans le vote populaire pour le Congrès. Mais ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer la répartition finale des sièges, celle-ci dépendant des résultats dans chaque circonscription et dans les États où se jouent les élections sénatoriales. 

Le pouvoir d’achat, principal point faible de Trump

La situation économique s’est imposée comme l’un des thèmes déterminants de la campagne. Le coût de la vie, les prix du carburant, le logement et les dépenses quotidiennes alimentent le mécontentement d'une partie de l'électorat, alors que la Maison-Blanche peine à convaincre sur sa gestion économique.

Dans le sondage Reuters/Ipsos, 78 % des personnes interrogées considèrent la hausse du coût de la vie comme un facteur très important, voire déterminant, dans leur choix électoral. Sur cette question, les démocrates bénéficient d'un avantage : 43 % des électeurs estiment que leur parti est le mieux placé pour répondre à cette préoccupation, contre 32 % qui font davantage confiance aux républicains.

L'enquête révèle également un niveau élevé de mécontentement à l'égard de la situation économique. Les difficultés liées au pouvoir d'achat constituent ainsi un terrain favorable à l'opposition, qui cherche à transformer les préoccupations quotidiennes des Américains en sanction électorale contre l'administration Trump. 

L'immigration et la sécurité restent néanmoins des thèmes importants pour les républicains, qui tentent de mobiliser leur électorat autour de la politique menée par le président. Les démocrates, de leur côté, mettent aussi en avant la défense de la démocratie, l'accès aux soins et les conséquences des décisions de l'administration fédérale.

La bataille pour la Chambre des représentants constitue le principal enjeu pour les démocrates. Les 435 sièges de la chambre basse sont remis en jeu. Une victoire leur permettrait de reprendre le contrôle de l'agenda législatif et de limiter la marge de manœuvre de la Maison-Blanche.

Les républicains abordent le scrutin avec une majorité étroite, ce qui rend plusieurs circonscriptions particulièrement disputées. Les démocrates espèrent tirer profit du mécontentement envers le président et de la mobilisation de leurs électeurs dans les territoires où l'écart entre les deux camps est faible.

Le Sénat représente toutefois un défi plus complexe. Trente-cinq sièges sont en jeu, dont une majorité détenue actuellement par les républicains. Les démocrates doivent remporter plusieurs courses particulièrement disputées pour inverser le rapport de force. La configuration électorale des États concernés rend leur tâche plus difficile que dans la bataille pour la Chambre. 

Un vote sanction contre le président ?

Même absent des bulletins, Donald Trump était omniprésent dans la campagne. Son bilan, ses décisions et sa personnalité structuraient largement les débats. Selon Reuters/Ipsos, la moitié des électeurs indépendants inscrits sur les listes électorales considèrent leur vote comme une manière de s'opposer au président, contre seulement 13 % qui y voient un moyen de lui apporter leur soutien.

La participation sera déterminante dans un scrutin où les deux camps cherchent à mobiliser leurs bases électorales. Plus de 50 millions d'Américains ont déjà voté avant l'ouverture officielle des bureaux de vote ce mardi, selon les données rapportées par l'Associated Press.

Les résultats devraient également être scrutés au-delà des frontières américaines. Ils donneront une indication sur le rapport de force politique aux États-Unis et sur la capacité de Donald Trump à poursuivre son programme, notamment en matière de commerce, d'immigration et de politique étrangère.

Une victoire démocrate à la Chambre pourrait profondément modifier la seconde moitié du mandat de Donald Trump. L'opposition disposerait alors de la présidence des commissions parlementaires et pourrait lancer des enquêtes sur les décisions de l'administration, exercer un contrôle renforcé sur son action et bloquer certaines initiatives législatives.

Un basculement du Sénat aurait des conséquences supplémentaires, notamment sur les nominations présidentielles et la confirmation des responsables fédéraux. À l'inverse, le maintien des deux chambres sous contrôle républicain permettrait à Donald Trump de conserver une plus grande latitude législative.

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SOURCE:TRT Français