L’ONG est connue pour ses prises de position courageuses et sa dénonciation répétée des violences commises en Cisjordanie occupée.
Dans un rapport de 249 pages intitulé Projet élimination, l’ONG de défense des droits humains B’Tselem affirme qu’Israël travaille à rendre impossible la création d’un État palestinien. Cet objectif s’appuie sur "la violence et l’intimidation, les restrictions de mouvement, l’étouffement économique, la destruction sociale et politique, le nettoyage ethnique et la conquête territoriale", explique l’ONG.
Elle rappelle comment Israël refuse de verser les revenus douaniers qui reviennent à l’Autorité palestinienne, la plaçant dans une situation de quasi-faillite et incapable de payer les salaires de ses employés, comment les violences des colons sont encadrées par la police ou l’armée, qui sont spectatrices, comment les ordres de démolition se multiplient, laissant des familles à la rue, comment la destruction d’oliviers et la captation de terres se sont accélérées, notamment en les déclarant "terre d’Israël", laissant tout le secteur agricole palestinien en détresse.
On peut encore y ajouter les arrestations multiples, la destruction de quartiers entiers de camps de réfugiés, les restrictions dans les déplacements… La population palestinienne est soumise à toute une série de pressions au quotidien.
Des faits connus, mais qui sont souvent attribués à des individus isolés. Cette fois, l’ONG affirme clairement qu’il y a une politique délibérée et organisée derrière. Son enquête conclut tout simplement que "le projet d'élimination est désormais mis en œuvre de manière plus ouverte, plus directe et plus violente qu'auparavant, et il repose de plus en plus sur la coopération entre les autorités officielles de l'État et les milices de colons opérant en Cisjordanie avec l'appui et le soutien de l'État."
L’ONG justifie l’utilisation du terme "élimination". Ce terme consiste à dégrader les conditions matérielles, sociales et politiques qui permettent l’existence collective, comme l’accès à la terre, les institutions, l’histoire, les liens sociaux, la mémoire et l’histoire communes – ainsi qu’à la possibilité d’imaginer et de préserver un avenir commun, explique-t-elle, et c’est ce qui est en cours en Cisjordanie occupée.
B’Tselem a collecté 2 000 témoignages depuis octobre 2023.

Un nettoyage ethnique en cours
L’ONG critique le projet sioniste israélien. "La question ne porte pas sur l'existence d'un lien juif avec ce territoire, mais sur la manière dont ce projet a cherché à instaurer une souveraineté juive israélienne exclusive sur un espace où vivaient — et vivent toujours — des Palestiniens", écrit-elle.
Le régime israélien, d’un côté, organise l’expulsion et le déplacement des Palestiniens en protégeant les attaques de Palestiniens par les colons, en refusant des permis de construire aux habitants de Cisjordanie, en leur interdisant certains déplacements, en utilisant les arrestations administratives comme un moyen de pression sur les personnalités qui dénoncent les vols de terre ou les violences des colons, par exemple. Et de l’autre, il finance l’expansion des colonies pour mettre de plus en plus de pression sur les trois millions de Palestiniens vivant sous occupation en Cisjordanie.
Les autorités israéliennes réfutent régulièrement les accusations d’exactions en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967.
Selon le décompte de B’Tselem, 1 107 Palestiniens, dont 245 enfants, ont été tués par Israël depuis le 7 octobre 2023.

























