La Russie a quasiment doublé ses recettes d'exportation de pétrole en mars, grâce à un allègement des sanctions accordé à Moscou afin de compenser la flambée des prix de l'énergie durant le conflit au Moyen-Orient, a indiqué l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Le pays a engrangé 19 milliards de dollars le mois dernier, les exportations de brut et de produits pétroliers ayant atteint 7,1 millions de barils par jour (Mb/j), contre seulement 320 000 barils par jour en février.
L'AIE a également annoncé, ce mardi, que la production de brut russe avait augmenté le mois dernier, passant de 8,67 Mb/j en février à 8,96 Mb/j.
Les États-Unis ont assoupli certaines restrictions sur les ventes de brut russe imposées en raison de leur intervention en Ukraine, autorisant les pays à acheter du pétrole déjà en mer jusqu'au 11 avril.
Selon les analystes, le pétrole russe était auparavant vendu avec une forte décote, les sanctions ayant fait grimper les coûts juridiques, financiers et logistiques. Ces dérogations ont toutefois permis à Moscou de commercialiser une partie de son brut à des prix plus proches de ceux du marché libre.
Les recettes pétrolières russes, issues du pétrole brut et des produits raffinés, ont progressé en mars, après avoir rebondi suite à leur chute en février, à leur plus bas niveau depuis le début du conflit ukrainien en 2022.
Le trafic via l'oléoduc Druzhba vers la Hongrie et la Slovaquie, traversant le territoire ukrainien, reste interrompu depuis les attaques perpétrées contre l'infrastructure, fin janvier.
L'agence a également indiqué que la Russie pourrait avoir des difficultés à augmenter sa production pétrolière au-delà des niveaux observés au début du premier trimestre à court terme, compte tenu des dégâts subis par les infrastructures portuaires et énergétiques. Les ports et raffineries russes de la mer Baltique et de la mer Noire ont été endommagés à plusieurs reprises par des frappes de drones ukrainiens.
Demande de pétrole
Par ailleurs, la demande de pétrole brut devrait connaître sa plus forte baisse au deuxième trimestre depuis le début de la pandémie de Covid-19, qui a durement frappé l'économie mondiale en 2020, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
La flambée des prix, provoquée par la guerre au Moyen-Orient, contraindra de nombreux pays et secteurs d'activité à réduire leur consommation de pétrole, et “la destruction de la demande s'étendra à mesure que la pénurie et la hausse des prix persisteront”, a précisé l'agence dans son rapport mensuel.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) précise que ses prévisions reposent sur l'hypothèse d'une reprise des livraisons de pétrole en mai via le détroit d'Ormuz, qui demeure de facto fermé depuis le début des bombardements américains et israéliens sur l'Iran le 28 février.
Cette situation entraînerait une baisse de la demande de 1,5 million de barils par jour (bpj) au deuxième trimestre, “la plus forte depuis que la pandémie du Covid-19 a fait chuter la consommation de carburant”, indique l'AIE. Si le détroit d'Ormuz reste fermé, la demande de pétrole pourrait chuter encore davantage, ajoute l'AIE.
