La quasi-totalité des dizaines de milliers de migrants qui avaient pénétré dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, avaient quitté les lieux samedi, ont indiqué les autorités, alors que plusieurs pays de l'Union européenne renforçaient leurs contrôles frontaliers face à cet afflux soudain.
En l'espace de quelques jours seulement, environ 60.000 migrants ont rejoint Ceuta depuis le Maroc voisin, a déclaré aux journalistes le président du gouvernement régional de l'enclave, Juan Jesus Vivas. Mais samedi, le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a affirmé que presque tous étaient repartis.
"La situation est presque entièrement revenue à la normale", a-t-il déclaré.
Sous la surveillance de soldats et de policiers espagnols samedi matin, les derniers jeunes migrants continuaient de retraverser la frontière vers le Maroc, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Ceux qui tardaient sur le sentier côtier étaient immédiatement reconduits vers la frontière par les soldats.
Pour entrer à Ceuta, de nombreux migrants avaient contourné à la nage une petite barrière frontalière qui s'avance dans la mer Méditerranée.
Au moins 67 personnes ont perdu la vie lors de cette tentative, selon un bilan actualisé communiqué samedi par Fernando Grande-Marlaska.
Cet afflux massif de migrants a provoqué une vive inquiétude politique en Europe.
Les pays européens renforcent leurs contrôles
Vingt-deux pays de l'Union européenne ont publié samedi une lettre commune demandant la tenue, "de toute urgence", d'une visioconférence des ministres de l'Intérieur afin de convenir d'une réponse coordonnée rapide et de "prévenir de nouveaux franchissements incontrôlés".
La France a renforcé les contrôles à sa frontière avec l'Espagne et annoncé qu'elle porterait à 334 le nombre de policiers et de gendarmes déployés dans cette zone.
L'Italie a suspendu, à compter de samedi et pour une durée d'un mois, l'application de l'accord de Schengen avec l'Espagne autorisant la libre circulation sans visa entre les deux pays.
Plusieurs États européens ont évoqué la possibilité de suspendre l'appartenance de l'Espagne à l'espace Schengen, une mesure toutefois jugée pratiquement impossible à mettre en œuvre.
Dans une lettre adressée aux présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a dénoncé la réaction "égoïste" de certains pays de l'UE et soutenu l'organisation d'une réunion en visioconférence des ministres de l'Intérieur.
Madrid a déjà dépêché des militaires, des policiers, des drones, des plongeurs et des embarcations dans cette enclave nord-africaine administrée par l'Espagne depuis plusieurs siècles.
Après une nuit passée à errer sur les plages et dans les rues de Ceuta, où des dizaines d'hommes avaient dormi sur le sable, des journalistes ont observé samedi plusieurs jeunes migrants faire demi-tour en lançant "adios" ("au revoir") aux forces de l'ordre avant de retourner au Maroc.
D'autres soldats montaient la garde sur une petite plage située à proximité de la clôture frontalière.
Le ministère espagnol de l'Intérieur a indiqué qu'une nouvelle barrière pneumatique de 500 mètres de long avait été installée près du poste-frontière afin de renforcer la sécurité.
Ceuta, territoire de 18,5 km², ainsi que l'enclave voisine de Melilla, constituent les deux seules frontières terrestres entre l'Europe et l'Afrique.
De précédentes vagues migratoires s'étaient déjà produites lors de périodes de tensions entre l'Espagne et le Maroc, notamment en 2021, lorsque plus de 10.000 migrants étaient entrés à Ceuta en seulement deux jours.






















