Ils étaient les deux derniers Français retenus en Iran. Cécile Kohler et Jacques Paris, deux enseignants, âgés respectivement de 41 ans et 72 ans, sont arrivés à Paris ce mercredi matin, après avoir passé la nuit à Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan, où ils sont arrivés dans l'après-midi, a indiqué le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
"Cécile Kohler et Jacques Paris sont libres et en chemin vers le territoire français, après trois ans et demi de détention en Iran", avait auparavant annoncé le président français Emmanuel Macron.
"C'est un soulagement pour nous tous et évidemment pour leurs familles", a écrit le chef de l'État, remerciant notamment les "autorités omanaises pour leurs efforts de médiation".
Le président Macron s'est entretenu avec les deux ressortissants, d'après son entourage.
"Nous sommes très émus. Nous attendons leur retour en France pour les serrer dans nos bras", a déclaré Anne-Laure Paris, la fille de Jacques Paris.
Exfiltration "à l'aube"
L'entourage du chef de la diplomatie française a précisé que les deux ex-détenus avaient quitté Téhéran mardi "à l'aube", avec l'ambassadeur de France en Iran, sous convoi diplomatique.
Jean-Noël Barrot a indiqué avoir été prévenu dimanche soir par son homologue iranien Abbas Araghchi "confirmant que la décision a(vait) été prise" côté iranien de leur permettre de quitter le pays.
Cécile Kohler, une professeure de lettres, et Jacques Paris, enseignant retraité, avaient été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d'un voyage touristique en Iran.
Détenus notamment dans la prison d'Evine, ils avaient été condamnés en octobre 2025 à respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage.
La diplomatie française avait estimé leur détention arbitraire, dénonçant leurs conditions de détention assimilables à de "la torture". Ils avaient été remis en liberté le 4 novembre dernier mais avec l'interdiction de quitter l’Iran.
Les différents ministres des Affaires étrangères avaient travaillé sans relâche pour obtenir leur libération, dans un contexte rendu encore plus difficile ces dernières semaines par la guerre en Iran, qui a éclaté le 28 février.
Pour la France, le temps pressait, alors que le président américain Donald Trump a lancé mardi un nouvel avertissement envers Téhéran, menaçant le pays d'un anéantissement total.
Selon une source dans l'entourage de Barrot, "ce qui a permis d'obtenir leur libération, c'est la situation actuelle": "Les Iraniens ont intégré cet élément dans l'équation et cela a été probablement décisif dans leur libération mais la dynamique était enclenchée."
"Discussions sensibles"
Téhéran avait évoqué ces derniers mois un échange - jamais confirmé par Paris - en contrepartie de la remise en liberté d'une Iranienne, Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février 2025 et accusée notamment d'apologie du terrorisme.
Cette dernière a été condamnée en février à quatre ans d'emprisonnement, dont une année ferme. Elle n'avait pas été incarcérée à l'issue du jugement dont elle a fait appel, mais avait interdiction de quitter la France et obligation de pointer deux fois par semaine au commissariat de son quartier.
Son assignation à résidence a été levée, a annoncé mardi son avocat Nabil Boudi, quelques heures après l'annonce que les deux Français ont quitté l'Iran.
Interrogé sur une éventuelle contrepartie à la libération des deux Français, Jean-Noël Barrot a évoqué des "discussions sensibles, par nature confidentielles et qui doivent le rester". "En aucun cas et d'aucune manière, nous n'avons mêlé le sort de nos otages avec les choix de politique étrangère de la France", a-t-il assuré.
La classe politique a unanimement salué cette libération définitive.
"La France a montré un visage d'unité, de mobilisation sans faille pour obtenir cette libération", a ainsi déclaré la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.
Lors de la séance parlementaire, l'ensemble des députés se sont levés dans l'hémicycle pour applaudir la nouvelle de cette libération.











