Ces livraisons concernent principalement des composants destinés à l’industrie de défense israélienne.
Le rapport mentionne plusieurs entreprises françaises, dont Safran et Thales. Côté israélien, la majorité des achats serait effectuée par Elbit Systems. Les auteurs indiquent ne pas être en mesure de chiffrer précisément les volumes ou la valeur totale des équipements concernés.
Le rapport revient notamment sur l’entreprise Eurolinks, spécialisée dans les maillons de munitions. Il fait état de 12 expéditions documentées représentant 9,94 millions de maillons sur une période de vingt et un mois.
Ces flux avaient déjà été évoqués par les sites d’investigation Disclose et Marsactu. En juin 2025, des dockers affiliés à la CGT à Marseille avaient refusé de charger une livraison.

Le gouvernement français n’a pas suspendu la licence d’exportation de l’entreprise. En mars 2024, le ministre des Armées Sébastien Lecornu avait indiqué que ces composants étaient destinés à être intégrés dans des équipements ensuite réexportés, et non utilisés directement par l’armée israélienne.
D’après le rapport annuel sur les exportations d’armement remis au Parlement en septembre 2025, les livraisons vers Israël ont atteint 16,1 millions d’euros en 2024, soit une baisse de moitié par rapport à 2023.
Cela représente environ 0,2 % du total des exportations françaises d’armement.
Dans le même temps, les prises de commandes ont augmenté pour atteindre 27,1 millions d’euros, soit 0,13 % du total.
Le rapport, partagé par Le Monde, précise que deux tiers de ces commandes concernent des composants destinés à être intégrés dans des équipements réexportés vers des pays tiers.
Matériel américain
Le rapport souligne également que plus de 90 % des cargaisons ont été transportées par la compagnie aérienne El Al, principalement au départ de l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle.
Le document mentionne, par ailleurs, le transit de matériel militaire américain via la France. Entre avril et octobre 2025, plus de 117 expéditions en provenance d’installations de Lockheed Martin et de bases militaires américaines auraient été acheminées vers Israël, en passant notamment par un hub de FedEx.
Les autorités françaises indiquent que ces exportations concernent des équipements à usage défensif, des composants industriels ou des biens destinés à être réexportés.
Elles affirment que les licences délivrées respectent les réglementations nationales et internationales.
Concernant les biens à double usage, la direction générale des entreprises spécifie qu’une partie des autorisations accordées en 2024 portait sur des applications civiles, notamment dans les domaines de la recherche, des technologies de capteurs et des semi-conducteurs.
Les organisations à l’origine du rapport estiment que ces flux soulèvent des questions quant à l’application du Traité sur le commerce des armes, ratifié par la France, qui encadre les transferts d’armement en cas de risque d’utilisation contraire au droit international humanitaire.
Elles demandent la mise en place d’un embargo sur les exportations d’armement vers Israël, incluant les composants et les biens à double usage, ainsi que la suspension des autorisations de transit.
Par ailleurs, les autorités israéliennes ont récemment annoncé leur intention de mettre fin aux achats d’équipements militaires français. Cette décision, si elle est appliquée, pourrait modifier les flux commerciaux concernés.












