Les prix du pétrole ont encore augmenté au début des échanges boursiers ce lundi. Les contrats à terme ont atteint 111,43 dollars le baril pour le Brent. Même tendance pour le brut américain West Texas Intermediate (WTI) qui atteint 114,57 dollars le baril, selon l’agence APS.
C’est peu ou prou le même scénario qu'hier, dimanche. Donald Trump a réitéré ses menaces de frapper les infrastructures énergétiques et les ponts en Iran si l’Iran ne rouvrait pas le détroit d'Ormuz d'ici à mardi soir à minuit GMT. Les marchés attendent donc la réouverture du détroit ou au contraire une dégradation de la situation avec une escalade dans la guerre.
Le détroit d'Ormuz, point de passage entre le Golfe persique et le Golfe d'Oman, voit ordinairement transiter environ 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel mais est presque totalement fermé depuis le début de la guerre.
Des aéroports manquent de kérosène en Italie
Les perturbations des flux d'or noir et de gaz naturel durent depuis plus d'un mois et ont déjà engendré une flambée des prix de l'essence et du gazole dans de nombreux pays, voire des pénuries.
À Singapour, le prix de gros du gazole a atteint des niveaux historiques, tandis qu'aux États-Unis, le prix au détail s'approche progressivement de son record, enregistré en juin 2022 aux premiers mois de l'invasion russe en Ukraine.
Cette dernière avait également créé un choc d'approvisionnement, le Brent culminant à 139,13 dollars le baril et le WTI à 130,50 dollars.
Si plusieurs pays d’Asie ont déjà rationné leur consommation de pétrole avec des mesures de télétravail notamment, on apprend qu’en Italie les aéroports de Milan-Linate, Venise, Trévise et Bologne commencent à manquer de carburant. Un rationnement temporaire du kérosène a donc été décidé pour certains vols, même si pour l’instant aucune liaison aérienne n’a été supprimée.
En France, rien de tel pour l’instant, mais le gouvernement a déjà dû venir en aide aux secteurs les plus impactés. Invité de l'émission “ Dimanche en politique “ sur France 3, le ministre des Comptes publics a dû rappeler que l'État ne s’enrichissait pas avec la hausse des prix du carburant.
Si la hausse des prix des carburants a créé en mars un surplus fiscal de 270 millions d'euros, elle a aussi engendré une hausse des dépenses de 430 millions d'euros, car le prix de la dette française a mécaniquement augmenté de 300 millions d’euros et le gouvernement a dépensé 130 millions de dépenses pour soutenir les transporteurs, pêcheurs et agriculteurs.
“Les finances publiques se dégradent à cause de la crise”, a insisté David Amiel.
Taxer les groupes pétroliers
Toute l’Europe souffre de l'inflation liée aux cours du brut. À la recherche de solutions, cinq pays de l'Union européenne proposent un impôt exceptionnel sur les bénéfices des groupes énergétiques qui enregistrent des profits importants. Ils ont adressé une lettre à la Commission européenne en ce sens. Les cinq ministres rappellent dans cette missive adressée au commissaire européen pour le Climat Wopke Hoekstra qu’une taxe exceptionnelle a été instaurée en 2022 face à la flambée des prix énergétiques due à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par les forces russes.






