La RDC a déclaré le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard, sa 17e épidémie d'Ebola, dans des régions du nord et de l'est où les infrastructures de santé sont démunies, et la riposte a été dépassée par l'explosion des cas malgré une mobilisation de l’OMS et des ONG internationales venues en renfort.
L'épidémie de 2018-2020 dans l'est de la RDC, considérée jusqu'alors comme la plus meurtrière de l'histoire du pays, avait fait 2 299 morts sur 3 381 cas confirmés, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), basés sur les données des autorités congolaises.
La flambée actuelle a fait 2 325 morts sur 4 945 cas confirmés, trois mois seulement après sa déclaration. Facteur aggravant, il n’existe aucun vaccin ni traitement spécifique pour le variant Bundibugyo en cause dans l'épidémie.
L'épidémie “est la plus rapide jamais enregistrée » et « tue une personne toutes les 30 minutes”, a alerté vendredi le chef des affaires humanitaires de l'ONU.

Six provinces touchées par l’épidémie
La flambée actuelle s'est déjà étendue à six provinces de ce vaste pays d'Afrique centrale de plus de 100 millions d'habitants, où les flux de population échappent largement à la surveillance.
Partie de l'Ituri (nord-est), elle sévit désormais dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (est), de la Tshopo et du Haut-Uélé (nord-est), ainsi que du Bas-Uélé (nord).
En Ituri, le taux de létalité s’établit à 46 %, tandis que le taux de suivi des contacts atteint 84 %.
Le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Janabi, a participé à une réunion de haut niveau de deux jours consacrée au virus Bundibugyo, avec les autorités sanitaires de la Centrafrique, de la RDC, de l’Ouganda, du Soudan du Sud et de la République du Congo.
L’objectif est de renforcer la coordination entre les pays, d’identifier les failles aux frontières et d’anticiper toute nouvelle transmission.
“Il faut une collaboration transfrontalière solide pour empêcher toute propagation supplémentaire et éviter une crise sanitaire régionale de plus grande ampleur”, a estimé le responsable de l’OMS.
“Si nous ne protégeons pas la République centrafricaine, il y a un risque que l’épidémie se propage jusqu’à Bangui (Centrafrique) et qu’elle atteigne également Kinshasa, qui est une grande ville ; c’est un risque que nous devons tous prendre en compte”, a insisté le chef du bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.
À Genève, le Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, a appelé à une mobilisation internationale renforcée pour empêcher le virus de prendre davantage d’avance sur la réponse humanitaire.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué mercredi qu'elle espère inverser la tendance à la hausse de l'épidémie d'Ebola en RDC d'ici trois mois.
Plusieurs vaccins sont à l'essai contre la souche du virus actuel.




















