"L'émotion de la nation est partagée", a lancé le chef de l'État en ouverture du Conseil des ministres, selon la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon. Pour Macron, cette affaire met en cause la protection de l'enfance et l'efficacité de l'action publique : "C'est la confiance dans nos institutions qui est posée", a-t-il déclaré, exigeant d'"agir avec détermination" et de n'"écarter aucune responsabilité".
Le président a rappelé que les rapports de l'Inspection générale de la justice et de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale, attendus le 19 juin, devront trancher et permettre d'identifier ce qui relève de fautes individuelles ou de défaillances structurelles. La perspective d'une mise au jour de responsabilités pesant sur des responsables ou des services a clairement été posée.
Maud Brégeon a toutefois mis en garde contre les réactions hâtives, dénonçant la "précipitation et la démagogie" comme des réponses inadaptées. Interrogée sur les appels à la démission du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, elle a balayé l'hypothèse, affirmant qu'elle "n'a jamais été à l'ordre du jour", et a fustigé ceux qui, selon elle, pratiquent "la petite politique" en réclamant un responsable expiatoire.
La porte-parole a vigoureusement défendu le bilan du gouvernement en matière de justice, budget en hausse de 54 % depuis 2017 et engagement de 1 600 créations de postes, et a assuré que les crédits gelés n'étaient pas annulés. Le gouvernement a par ailleurs annoncé un réexamen massif de dizaines de milliers de procédures pour s'assurer que des erreurs comparables ne se reproduisent pas.
Face aux accusations visant l'institution judiciaire, Maud Brégeon a insisté pour que magistrats et acteurs concernés participent à l'effort de transparence. Sans vouloir établir de condamnation anticipée, elle a cependant dit attendre des inspections qu'elles établissent l'existence éventuelle de fautes individuelles ou de dysfonctionnements systémiques, rejetant toute logique corporatiste.
"Personne ne peut mettre la poussière sous le tapis", a-t-elle martelé, promettant la publication des rapports d'inspection et l'application de sanctions si les enquêtes le justifient. "Personne ne peut se dédouaner de ses responsabilités. Nous sommes dans un moment où le corporatisme n'a pas sa place", a conclu la porte-parole, assurant que toutes les conséquences seraient tirées des investigations en cours.
Plainte contre l’Etat
Inculpé et écroué la semaine dernière, le principal suspect dans la mort de Lyhanna, Jérôme B., 41 ans, avait fait l'objet avant le drame de plusieurs plaintes et signalements.
Certaines plaintes avaient été classées sans suite, mais l'une d'elles, déposée en août 2025, n'avait pas été suivie d'actes d'enquêtes suffisamment rapides. L'homme n'avait été ni entendu, ni placé en garde à vue.
L'avocat de la mère de Rosa, une enfant ayant dénoncé des viols répétés de Jérôme B., sans qu'il ne soit convoqué, a d'ailleurs annoncé mardi plusieurs plaintes.
Contre l'Etat pour "faute lourde", contre le ministre de la Justice, contre les procureurs de Toulouse et d'Auch (sud-ouest), et contre les enquêteurs de la gendarmerie, pour "mise en danger de la vie d'autrui, non-assistance à personne à danger".



















