POLITIQUE
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Éthiopie: les rebelles tigréennes prennent le contrôle de l’aéroport de Mekele
Les forces des autorités de fait du Tigré ont pris mercredi le contrôle de l’aéroport de Mekele, capitale de cette région du nord de l’Éthiopie, sur fond de tensions croissantes avec le gouvernement fédéral d’Addis-Abeba.
Éthiopie: les rebelles tigréennes prennent le contrôle de l’aéroport de Mekele
Des membres du Front de libération du peuple du Tigré arrivent dans la capitale de la région du Tigré, en Éthiopie. / reuters

Une source sécuritaire étrangère en Éthiopie a confirmé à l’AFP la prise de contrôle de l’aéroport par les forces tigréennes.

Mekele est le principal aéroport du Tigré et abrite habituellement quelques soldats de l’armée fédérale, qui constituent l’une des présences visibles des autorités d’Addis-Abeba dans la région.

Selon la même source sécuritaire, les rebelles tigréennes ont également pris le contrôle des deux autres aéroports encore opérationnels dans la région, à Aksoum et Shire.

La compagnie publique Ethiopian Airlines, seule compagnie à assurer des vols intérieurs commerciaux en Éthiopie, a annoncé l’annulation de tous ses vols à destination de Mekele, Aksoum et Shire “en raison de la situation actuelle au Tigré”.

La prise des aéroports intervient trois jours après l’annonce par sept groupes opposés au gouvernement fédéral, dont le TPLF, les milices amhara Fano et l’Armée de libération oromo (OLA), de la formation d’une alliance visant à “renverser” le gouvernement d’Addis-Abeba.

Depuis le début du mois d’août, les forces fédérales ont mené des dizaines de frappes de drones dans le Tigré. Selon Kjetil Tronvoll, le gouvernement fédéral devrait désormais  “réagir” à la prise des aéroports en intensifiant notamment ses opérations aériennes.

Cette nouvelle escalade ravive les craintes d’un retour à la guerre dans le Tigré, moins de quatre ans après la fin du conflit qui avait opposé, de 2020 à 2022, les forces fédérales soutenues par des milices régionales et l’armée érythréenne aux rebelles tigréennes loyales au TPLF.

Selon une estimation de l’Union africaine, cette guerre a fait au moins 600 000 morts et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes sur les quelque six millions d’habitants que compte le Tigré. Le conflit a également lourdement affecté l’économie de la région.

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Des tensions persistantes avec Addis-Abeba 

Les relations entre le gouvernement fédéral et le TPLF se sont de nouveau fortement tendues ces derniers mois. Le parti, qui a dominé la vie politique éthiopienne pendant près de trois décennies, a été marginalisé après l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en 2018, puis radié en mai 2025 de la liste des formations politiques légalement enregistrées.

Les autorités fédérales accusent désormais le TPLF de s’être rapproché de plusieurs groupes armés actifs dans d’autres régions du pays ainsi que de l’Érythrée voisine.

Les relations entre Addis-Abeba et Asmara restent historiquement tendues. L’Érythrée avait soutenu militairement le gouvernement d’Abiy Ahmed pendant la guerre du Tigré, avant que les relations entre les deux pays ne se dégradent à nouveau. 

Les liaisons aériennes avec le Tigré avaient déjà été suspendues pendant cinq jours, entre fin janvier et début février, après des affrontements entre forces fédérales et tigréennes.

SOURCE:AFP