Dans une déclaration publiée vendredi, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a salué le retour de son ressortissant en France, auprès de ses proches, évoquant un “soulagement” pour le ministère et pour l’ensemble de ses collègues.
Le ministère français n’a pas fourni de précisions supplémentaires sur les circonstances de sa libération ni sur les conditions de sa détention.
La libération de Vézilier intervient dans un contexte de fortes tensions entre Paris et Bamako, dont les relations se sont profondément dégradées depuis l’arrivée au pouvoir des autorités militaires de transition au Mali.
La France a achevé en 2022 le retrait de ses forces militaires du Mali, mettant fin à une présence engagée plusieurs années auparavant dans le cadre de la lutte contre les groupes jihadistes au Sahel. Ce retrait a marqué une rupture majeure dans les relations entre les deux pays.
En août 2025, les autorités maliennes avaient annoncé l’arrestation de Yann Christian-Bernard Vézilier, agent de la DGSE, présenté comme un lieutenant-colonel français, dans le cadre d’une affaire de tentative de déstabilisation des institutions maliennes.
Selon les autorités maliennes, Vézilier aurait notamment entretenu des contacts avec des acteurs civils et militaires dans le cadre d’activités soupçonnées de viser à déstabiliser les institutions du pays et à soutenir des entreprises terroristes.
Le procureur général près la cour d’appel de Bamako avait alors annoncé l’ouverture d’une enquête portant notamment sur des faits présumés d’atteinte à la sûreté de l’État et à la souveraineté nationale.
Les autorités françaises avaient catégoriquement rejeté ces accusations, les qualifiant de graves, infondées et politiquement motivées. Paris avait notamment affirmé que Vézilier n’avait participé à aucune activité visant à déstabiliser le Mali et n’avait apporté aucun soutien à des groupes terroristes.
Vézilier avait ensuite été condamné par la justice malienne à 20 ans de réclusion criminelle pour des faits liés notamment à l’atteinte à la sûreté extérieure de l’État, selon les autorités maliennes.
Le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, lui a accordé le 13 août 2026 une grâce présidentielle, assortie de son éloignement immédiat du territoire malien, selon un communiqué du gouvernement malien.
Les autorités maliennes avaient précisé que cette mesure de clémence ne remettait pas en cause les faits établis par la justice malienne et que l’intéressé avait été jugé à l’issue d’un procès contradictoire, au cours duquel, selon Bamako, les droits de la défense avaient été respectés.
Le gouvernement malien avait également indiqué qu’un “pays frère”, dont il n’a pas précisé l’identité, avait contribué à l’obtention de la grâce présidentielle par des démarches menées “avec discrétion” et dans le respect de la souveraineté du Mali.
La décision intervient alors que les relations entre Bamako et Paris restent marquées par de profondes divergences politiques et diplomatiques.
Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a confirmé vendredi que Vézilier était de retour en France auprès de ses proches.





















