POLITIQUE
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Vote de l’ONU sur la traite des Noirs: “la France doit agir”
Les dirigeants de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, plaident pour que Paris transcende son abstention et agissent dans le sens de la reconaissance de la traite des Noirs comme “plus grave crime contre l’humanité”, selon l'ONU.
Vote de l’ONU sur la traite des Noirs: “la France doit agir”
Représentation de l’esclavage au Musée des vestiges originaux de l'esclavage de la famille royale Mobee à Badagry, au Nigeria, le 21 juin 2019. / Reuters
il y a 2 heures

Jean-Marc Ayrault et Aïssata Seck, respectivement président et directrice de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, appellent, dans une tribune au “Monde”, la France à jouer un rôle moteur dans la question des réparations de l’esclavage. Cette tribune remet en question l’attitude de la France qui s’est abstenue de voter comme 51 autres pays le 25 mars 2026.

Ce jour là, l’Assemblée générale de l’ONU venait de qualifier la traite transatlantique et l’esclavage colonial de “plus grand crime contre l’humanité”. Les deux signataires soulignent “la division entre les pays du Sud ayant été, pour la plupart, victimes de la colonisation et les pays du Nord – européens en tête, ou à la population principalement issue d’Europe – qui en ont bénéficié”.

Pour les deux auteurs, la France a manqué une occasion de s’approprier ce chantier afin d’apaiser les cœurs et les esprits. Ils mettent ainsi en exergue les conséquences actuelles de cette tragédie. 

L’ampleur et les effets de “la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains” n’ont jusqu’à présent pas été suffisamment reconnus, insistent les deux personnalités.

Elles soulignent ainsi “la persistance du racisme anti-Noirs, fondé sur des stéréotypes nés dans la matrice esclavagiste, et dont on voit en France combien ils continuent de circuler et de blesser”. 

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Elles font aussi référence aux “inégalités dans les territoires post-esclavagistes, dont les économies demeurent marquées par le poids de ce passé jamais réparé, comme on le voit dans la France d’outre-mer”.

Comme voie de sortie Jean-Marc Ayrault et Aïssata Seck plaident pour les réparations. “Une espèce d’indemnisation qu’un condamné doit à ses victimes”. 

Qu'elles soient, symboliques, culturelles, éducatives, sociales ou économiques – les réparations, souhaitent-ils, doivent être “construites ensemble, dans le dialogue, le respect et la reconnaissance”.

Mieux, la France, avant-gardiste dans la condamnation de l’esclavage par l’adoption “à l’unanimité la loi Taubira” il y a 25 ans, doit se ressaisir selon les auteurs de la tribune. Le One Health Summit (du 5 au 7 avril à Lyon), et  le sommet Afrique-France de mai prochain au Kenya apparaissent comme des occasions idoines. 

“Ce serait la meilleure manière pour la France de marquer l’anniversaire de la loi Taubira, en retrouvant le rôle pionnier qu’elle a eu alors face à l’abîme de l’esclavage”, plaident Jean-Marc Ayrault et Aïssata Seck.

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SOURCE:TRT français et agences