FRANCE
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Le Festival de Cannes à l’heure de la censure
Coup de tonnerre hier soir dans le ciel du cinéma français, le patron de Canal+ a annoncé qu’il ne travaillerait plus avec les 600 signataires d’une tribune contre l’influence du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré.
Le Festival de Cannes à l’heure de la censure
L'actrice française Adèle Exarchopoulos pour la présentation du film "Garance", le film de Jeanne Herry / Reuters

Le président du directoire de la chaîne Canal+, Maxime Saada, a annoncé dimanche qu'il ne souhaitait plus que son groupe, premier financeur du cinéma français, continue de travailler avec les professionnels du secteur ayant signé une pétition contre son actionnaire de référence, le milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
"J'ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s'attachent à défendre l'indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix. Et en conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition", a lancé M. Saada lors d'une prise de parole en marge du Festival de Cannes.

Publiée lundi à l'orée du 79e Festival de Cannes, la pétition signée notamment par les acteurs Juliette Binoche et Swann Arlaud dénonce "l'emprise grandissante de l'extrême droite" dans le cinéma par l'intermédiaire de Vincent Bolloré, qui fait déjà l'objet d'une fronde dans l'édition menée par quelque 200 auteurs publiés chez Grasset, une maison sous son contrôle.

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Le cinéma français sous influence ?
"En laissant le cinéma français aux mains d'un patron d'extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif", écrivaient les signataires qui comptent des producteurs, exploitants de cinéma, cinéastes, techniciens et comédiens.

Dans son allocution, que l'AFP s'est procurée, Maxime Saada assure que cette tribune revient à qualifier les équipes de Canal+ de "crypto-fascistes".
"Eh bien moi je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste, je suis désolé, la limite, pour moi elle est là", a-t-il déclaré lors du "brunch des producteurs" organisé par Canal+ à Cannes.

La tribune s'alarmait notamment de la volonté du groupe Canal+ de s'emparer de la totalité du capital d'UGC, un réseau de salles de cinéma dont il a acquis 34 % en septembre.
Cette tribune a jusque-là rencontré un écho limité auprès des professionnels interrogés cette semaine par l'AFP, beaucoup d'entre eux peinant à déceler un changement de ligne idéologique au sein de Canal+ tout en s'inquiétant d'une baisse globale des financements.

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Aux termes d'un accord scellé en janvier 2025, le groupe Canal+ s'est engagé à allouer jusqu'à 170 millions d'euros par an au cinéma français d'ici à 2027, contre 220 millions auparavant.

SOURCE:TRT français et agences