Les deux militants de la cause palestinienne arrêtés par la marine israélienne dans les eaux internationales de la Méditerranée dimanche devront encore attendre dans les geôles de la ville d’Ashkelon.
La justice israélienne a prolongé jusqu’à dimanche la détention des activistes de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l’AFP l’ONG Adalah, qui les représente.

Israël, qui accuse l’Espagnol Saïf Abou Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, a réclamé l’extension de leur incarcération dans la matinée, lors d’une audience au tribunal d’Ashkelon sur la côte israélienne, où ils sont détenus.
"La prolongation a été approuvée jusqu’à dimanche", d’après Miriam Azem, une des responsables de l’ONG israélienne de défense des droits humains.
Soupçons de maltraitance
Les deux hommes, en grève de la faim et qui clament leur innocence, étaient présents à l’audience. Ils sont arrivés au tribunal menottés aux pieds, selon des témoins sur place.
Ils avaient été arrêtés par l’armée israélienne sur leurs bateaux jeudi au large de la Crète, avec quelque 175 autres militants de nombreuses nationalités, tous ensuite relâchés en Grèce.
La justice israélienne avait déjà validé dimanche une première prolongation de deux jours de leur détention.
L’ONG Adalah, qui a pu leur rendre visite, a dénoncé les "maltraitances psychologiques et mauvais traitements" qu’ils subiraient en prison, des accusations rejetées par les autorités israéliennes.
Patrick Bosch, membre du comité de pilotage de la Flottille Global Sumud dit craindre pour leurs deux militants. Saif est accusé de terrorisme et Tiago d’actes illégaux semble-t-il même si les actes d’accusation n’ont pas encore été publiés.
“Nous craignons que les autorités israéliennes vont essayer de faire un exemple et donc nous craignons effectivement que le traitement va être particulièrement sévère.”
Le militant luxembourgeois ajoute que les conditions de détention s’apparentent à de la torture: “Tiago et Saïf restent dans des cellules séparées en isolement, ils sont sujets à des mauvais traitements, comme par exemple la privation de lumière du jour. Ils sont complètement désorientés. Ils ont les yeux ont bandés en permanence. Les examens médicaux se passent avec les yeux bandés, ce qui est en violation aussi des différents droits applicables aux prisonniers. Ils sont psychologiquement et physiquement de cette manière là, torturés.”
L’Espagne et le Brésil ont réclamé leur libération. Madrid s’est insurgé de leur arrestation, dans les eaux internationales et à des centaines de kilomètres d’Israël, la qualifiant de "complètement illégale" et "inacceptable", et a assuré, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, qu’Israël n’avait fourni "aucune preuve" de lien avec le Hamas, au pouvoir à Gaza.
La flottille comptait au départ une cinquantaine de bateaux et vise, selon ses organisateurs, à briser le blocus israélien du territoire palestinien dévasté par la guerre, où l’accès de l’aide humanitaire reste fortement restreint.
Lire aussi: La flottille Global Sumud pour Gaza a été interceptée














