La question revient dans la bouche de tous les analystes. L’Europe est-elle en train de payer son non-intervention dans la guerre en Iran ? Même si le mot non-intervention est faux car, dans les faits, les aviations européennes ont aidé à détruire les missiles iraniens lancés contre les pays du Golfe ou Israël, les alliés européens ont opposé une fin de non-recevoir à la demande américaine de rouvrir par la force le détroit d’Ormuz.
Les dirigeants européens ont "reçu cinq sur cinq" le message de frustration de Donald Trump sur l'Iran et "montent au créneau", a assuré ce matin le chef de l'OTAN, Mark Rutte, après l'annonce soudaine du retrait de soldats américains d'Allemagne.
"Les États-Unis ont été quelque peu déçus par la réaction européenne face à la situation actuelle au Moyen-Orient", a affirmé le secrétaire général de l'Alliance, à son arrivée à un sommet en Arménie.
"Je dirais que, d'après ce que me rapportent tous mes contacts parmi les dirigeants européens, ceux-ci ont bien compris le message des États-Unis, ils l'ont reçu cinq sur cinq", a-t-il affirmé.
L’Allemagne est le pays le plus touché par ces deux annonces.
Donald Trump veut relever à 25 % "la semaine prochaine" les droits de douane sur les véhicules importés aux États-Unis depuis l’Union européenne. Les véhicules utilitaires et voitures de tourisme sont concernés.
Le président américain reproche à l’UE de ne pas respecter l’accord commercial conclu l’été dernier, mais cette annonce suit de peu sa dispute avec le chancelier allemand Merz ; celui-ci a déclaré que "les Américains (n’avaient) visiblement aucune stratégie-" en Iran, et Donald Trump n’a pas du tout apprécié.
Ce n’est donc peut-être pas un hasard si, dans ce scénario de pression commerciale, les Allemands, qui exportent un demi-million de voitures chaque année vers les États-Unis, sont directement touchés par la hausse des tarifs douaniers américains (source : la Fédération de l’industrie automobile allemande (VDA)).

Pour l’instant, la délégation de l’UE à Washington a commenté de manière très diplomatique : si les États-Unis ne respectent pas leur part de l’accord, "nous garderons toutes les options ouvertes pour protéger les intérêts de l’UE".
Cet accord signé en 2025 limite les taxes américaines à 15 % ; en contrepartie, l’Europe ouvre son marché à de nouveaux produits américains, dont certains produits agricoles.
La seconde annonce touche également l’Allemagne. Le Pentagone a annoncé ce 1er mai le retrait de 5 000 militaires américains d'Allemagne d'ici un an. Donald Trump a surenchéri le lendemain en affirmant vouloir aller "bien plus" loin. C’est encore une mesure qui touche l’Europe entière, mais particulièrement la République allemande où sont situées les plus grandes bases américaines du continent.
Le nombre de militaires américains présents en Allemagne varie régulièrement en raison des rotations et des exercices. Pour l'AFP, 36 000 soldats américains sont stationnés aujourd'hui dans le pays.
L'Allemagne n'est pas le seul pays visé. La semaine dernière, Donald Trump avait également menacé de retirer les troupes américaines d'Espagne et d'Italie. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et la dirigeante italienne Giorgia Meloni se sont eux aussi montrés critiques à l'égard de la guerre menée contre l'Iran. Fin 2025, les deux pays accueilleraient respectivement 3 814 et 12 662 soldats américains, selon les sources officielles de chaque pays.













