FRANCE
3 min de lecture
Manifestations des lycéens: l’usage par la police des grenades assourdissantes suspendu
Le ministre français de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des mobilisations lycéennes, alors que 18 enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN).
Manifestations des lycéens: l’usage par la police des grenades assourdissantes suspendu
Un policier lance une grenade de dispersion pendant la manifestation de Paris mardi 6 cotobre

Invité de RTL mercredi matin, le ministre a indiqué avoir demandé dès mardi que ces grenades ne soient plus utilisées par les forces de l’ordre dans le cadre du mouvement des lycéens.

Cette décision marque un changement dans la doctrine de maintien de l’ordre après la grave blessure d’un adolescent de 15 ans à Lens, dans le nord de la France. Le lycéen a été grièvement atteint à la main par l’explosion d’une grenade de désencerclement et a dû être amputé de la main gauche.
Selon les premiers éléments, la blessure a été causée par l'explosion d'une arme intermédiaire. Le modèle exact reste à confirmer par l'IGPN mais c’est bien une grenade de désencerclement de type GM2L qui est pointée du doigt. L'enquête devra déterminer si le jeune homme a ramassé l'engin ou si celui-ci a explosé à son contact direct

RTL rapporte que plusieurs mineurs ont été grièvement blessés depuis le début du mouvement et que la gestion du maintien de l’ordre fait l’objet de critiques croissantes.

Nuñez a également annoncé sur RTL que 18 enquêtes avaient été ouvertes par l’IGPN, la "police des polices" française.

L’utilisation des tristement célèbre LBD (Lanceurs de Balles de Défense) n’est pas suspendu même si à ce jour, deux adolescents ont perdu un oeil depuis le début du mouvement des lycéens, Maël (16 ans, Tours) et un lycéen de seconde (16 ans, Argenteuil).

Le président Macron veut une réponse "proportionnelle"

Le président Emmanuel Macron a demandé aux forces de l’ordre de maintenir l’ordre public tout en faisant preuve de "la plus grande proportionnalité", selon Nuñez.

Le chef de l’État avait réuni mardi soir plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Sébastien Lecornu, Laurent Nuñez et le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, face à l’ampleur de la mobilisation.

Nuñez et Geffray doivent par ailleurs être auditionnés mercredi à l’Assemblée nationale, respectivement sur "la gestion de l’ordre public" et sur "le blocage des lycées".

La mobilisation se poursuit mercredi, au lendemain d’une nouvelle journée de manifestations à travers la France.

528 lycées encore bloqués

Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Éducation nationale, 528 établissements connaissent mercredi une suspension totale ou partielle des cours, soit une baisse de 41 % par rapport à mardi. Quelque 86 % des établissements sont entièrement ouverts.

L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante ont appelé à poursuivre les blocages mercredi et à organiser de nouveaux cortèges jeudi à Paris et dans d’autres villes.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a, de son côté, annoncé la mise en place de demi-journées sans cours afin d’organiser un "temps de démocratie interne" dans les établissements et de permettre aux élèves et aux personnels de faire remonter leurs difficultés. Il doit également s’exprimer mercredi soir depuis Matignon sur la situation dans les lycées, ainsi que sur les prix des carburants, la crise agricole et la dette.

Le mouvement lycéen a débuté le 21 septembre 2026 au lycée Saint-Exupéry de Créteil, en région parisienne, autour de revendications portant notamment sur le manque de moyens dans l’éducation, les effectifs des classes et l’état des établissements, avant de s’étendre progressivement à l’ensemble du pays.

SOURCE:TRT français et agences