Des soldats israéliens ont reconnu avoir ignoré des attaques de colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée malgré des alertes préalables, selon un rapport du journal Haaretz.
Le quotidien indique que 200 réservistes ont adressé vendredi une lettre au ministre de la Défense Yisrael Katz et au chef d’état-major Eyal Zamir, exprimant leur “profonde inquiétude face aux récents incidents de terrorisme juif”.
Les soldats avertissent que la violence contre les Palestiniens s’est intensifiée et décrivent ce qu’ils qualifient de schéma croissant d’inaction de la part des forces israéliennes.
Avertissements ignorés, interventions tardives
Un signataire explique que les attaques contre des habitations et des biens palestiniens étaient souvent connues à l’avance, mais que les troupes n’intervenaient pas à temps, arrivant seulement après la fin des incidents.
Il ajoute que, dans certains cas, les forces discutaient avec les colons responsables d’incendies criminels et d’agressions, leur demandaient de partir, puis arrêtaient à la place des Palestiniens présents sur les lieux.
Le même soldat affirme que des munitions réelles ont été utilisées contre des Palestiniens pourtant eux-mêmes victimes d’attaques.
Soupçons d’un changement plus large des pratiques
Un autre réserviste indique que des pratiques observées pendant la guerre à Gaza — notamment une “agressivité excessive, des violences, ainsi que la destruction et le pillage de biens palestiniens” — se sont étendues aux opérations en Cisjordanie occupée.
Les soldats affirment également que leur mission principale est devenue la protection des colonies, tandis que les plaintes palestiniennes sont souvent ignorées et que les colons font rarement l’objet de mesures coercitives.
Le rapport souligne que ces attaques se sont étendues au-delà des zones B et C, atteignant certaines parties de la zone A, ce qui témoigne d’un élargissement du champ de la violence.
La violence en Cisjordanie occupée s’est intensifiée ces dernières semaines, des responsables palestiniens signalant plusieurs morts causées par des tirs de colons israéliens illégaux depuis fin février.
Environ 750 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est occupée, où des organisations de défense des droits humains estiment que les attaques répétées contre les Palestiniens contribuent à des déplacements de population.
Depuis octobre 2023, la Cisjordanie occupée connaît une forte hausse des violences, incluant des morts, des arrestations, des démolitions et l’expansion des colonies, sur fond d’inquiétudes internationales croissantes quant à une possible annexion du territoire.









