Le Parlement européen a approuvé ce jeudi à Strasbourg le concept de "hubs de retour", concrètement des centres pour renvoyer des migrants en dehors de l'UE.
Ces mesures sont réclamées par une majorité d'Etats membres, ainsi que par les eurodéputés de droite et d'extrême droite, qui ont salué le vote par un tonnerre d'applaudissements dans l'hémicycle.
Aujourd'hui, environ 20% des décisions d'expulsion prises au sein de l'Union européenne aboutissent, une statistique montrée du doigt par les partisans d'une ligne migratoire plus ferme. Sous pression pour serrer la vis, la Commission européenne a donc présenté il y a un an un texte visant à augmenter le nombre d'expulsions.

Le dispositif a été validé ce jeudi matin par une grande majorité d'eurodéputés, de la droite, de l'extrême droite et du centre, réunis en plénière à Bruxelles.
Satisfaction de la droite européenne
Ce texte permettra de "garantir simplement ce principe simple: si vous venez illégalement en Europe, soyez sûr que vous n'y resterez pas", a applaudi l'eurodéputé de droite François-Xavier Bellamy.
Il autoriserait les États membres à ouvrir des centres pour migrants dans des pays en dehors de l'UE (pays tiers), pour y envoyer, et possiblement y détenir, des personnes dont la demande d'asile a été rejetée et qui font face à une obligation de quitter le territoire. Il s’agit des controversés "hubs de retour".
L'idée de créer des hubs pour détenir des migrants avant ou après l'examen de leur demande d'asile n'est pas nouvelle: l'Italie l’a testée en Albanie. Ce centre est longtemps resté largement vide, en raison d'une série de contestations judiciaires. En février 2026, il accueillait environ 90 personnes, selon une source au sein des autorités italiennes.

Le Royaume-Uni avait mis en place un même système avec le Rwanda, mais Londres a rapidement abandonné le projet, là encore en raison d'obstacles judiciaires. Les deux pays s'affrontent désormais devant les tribunaux car le Rwanda demande le paiement des sommes promises.
Au cours des dernières semaines, un petit groupe d'États membres de l'UE (le Danemark, l'Autriche, la Grèce, l'Allemagne et les Pays-Bas) s'est formé afin d'étudier ces deux modèles et d’apprendre de leurs "erreurs", selon un diplomate.
Ils souhaitent conclure d'ici la fin de l'année, des accords avec des pays tiers afin de mettre en place ces centres de retour, a expliqué le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt.
La France et l'Espagne se montrent pour l’instant sceptiques sur l'efficacité de ces hubs et sont restés en retrait des discussions.
Le texte prévoit des sanctions
Le texte adopté, ce jeudi même, prévoit, en outre, des règles et sanctions plus strictes pour les déboutés d'asile refusant de quitter le territoire de l'UE, comme des confiscations de documents d'identité, des détentions et des interdictions d'entrée prolongées sur le territoire.
Enfin, il inclut une reconnaissance mutuelle des décisions prises par un Etat membre, l'objectif étant, par exemple, qu'une décision prononcée en France puisse s'appliquer en Espagne et vice versa.
Un vote qui constitue "un recul historique des droits des réfugiés", a alerté Marta Welander, de l'ONG humanitaire International Rescue Committee, s'inquiétant de la multiplication des "détentions de personnes vulnérables, y compris d'enfants".
Comme d'autres mesures migratoires, ce texte a avancé au Parlement grâce à une collaboration renforcée entre élus de droite et d'extrême droite - une alliance qui a provoqué des remous en Allemagne et a été vivement critiquée par le chancelier Friedrich Merz.
"L'histoire se souviendra que la droite dite modérée a sonné le glas du peu qui restait du cordon sanitaire, par une collaboration active avec l'extrême droite dans l'écriture de ce texte", a lancé l'eurodéputée écologiste Mélissa Camara, très opposée au texte.
















