La Société des grands magasins (SGM), cofondée par Frédéric Merlin, a annoncé ce mardi 16 juin céder le fonds de commerce du BHV Marais à l'équipe dirigeante actuelle. L'aventure BHV-Shein n'aura duré que six mois.
Et les choses n'ont pas traîné. L'une des premières mesures prises par l'actuel directeur général, Karl-Stéphane Cottendin, est de mettre fin à ce partenariat décrié avec Shein. Il assure : "Shein au BHV Marais était une erreur, oui."
Karl-Stéphane Cottendin espère "idéalement" voir Shein quitter le BHV d'ici à Noël. Cette annonce concerne aussi le BHV Parly 2, dans les Yvelines, mais pas les sept BHV de province (ex-Galeries Lafayette), toujours gérés par la SGM et dont cinq ont accueilli cette année dans leurs murs la marque de mode asiatique ultra-éphémère Shein.
La Société des grands magasins (SGM), qui exploitait le BHV Marais depuis 2023, veut repositionner le grand magasin sur l'univers de la maison (décoration, bricolage...), comme c'était le cas par le passé. "Les projets de parapharmacie et de halle alimentaire, sur lesquels nous travaillons depuis dix-huit mois, font parfaitement sens dans un BHV consacré à la maison", a déclaré Karl-Stéphane Cottendin, qui veut rebâtir "un magasin de la vie plutôt que dédié au shopping".
Un coup commercial qui a fait flop
Le choix de Frédéric Merlin d'accueillir dans le grand magasin parisien le leader chinois de la vente de vêtements à bas prix avait choqué et suscité des manifestations devant l'établissement.
Mais c'est surtout l'épilogue d'une aventure commerciale qui n'a pas fonctionné. Le représentant de la "fast fashion", cette mode à bas prix et de qualité médiocre, a fait fuir de nombreuses marques (Dior, Sandro, Guerlain), qui ne tenaient pas à être associées à une enseigne jugée bas de gamme. Des étalages entiers étaient vides et des paravents tentaient de masquer l'ampleur de la désertion.
Le magasin a vu ses recettes baisser. L'intersyndicale affirme même que le BHV Marais (hors Shein, qui dispose d'une comptabilité distincte) a enregistré une baisse de 70 % de son chiffre d'affaires pendant la période des promotions du Black Friday, fin novembre 2025, par rapport à l'année précédente. Avec ces recettes en baisse, les impayés se sont multipliés, ce qui a encore poussé des marques à claquer la porte.
Frédéric Merlin a voulu appliquer au BHV ce qu'il a mis en place ailleurs. Le Lyonnais s'est spécialisé dans le rachat de centres commerciaux dans des villes moyennes, avec l'intention de leur donner un nouvel élan en faisant venir des marques à petits prix comme l'irlandais Primark.
Sa Société des grands magasins a racheté en moyenne une affaire par an et le rachat du BHV semble avoir été l'opération de trop, d'après une enquête de franceinfo et de "L'Œil du 20 heures" de France 2 publiée en décembre dernier.
Frédéric Merlin salue aujourd'hui "un vrai projet de reprise effective par des gens sérieux". "Je me suis battu pour essayer de faire vivre ce magasin", mais "l'opération a déraillé", a-t-il déclaré.















