Plus de 300 colons israéliens ont pénétré dimanche dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est occupée, et y ont effectué des prières et des rituels religieux sous la protection des forces israéliennes, selon l’agence palestinienne Wafa.
Les non-musulmans sont autorisés à visiter l’esplanade d’Al-Aqsa, mais les prières et les rites religieux non musulmans n’y sont pas autorisés dans le cadre du statu quo historique et juridique établi en 1967. La multiplication de ces pratiques est dénoncée par les autorités palestiniennes et jordaniennes comme une tentative de modifier ce statu quo.
Cette nouvelle incursion intervient alors que les tensions sont particulièrement fortes à Jérusalem à l’approche des fêtes juives. Des responsables palestiniens redoutent une multiplication des incursions de colons au cours des prochaines semaines. Le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, a récemment mis en garde contre le risque de transformer Al-Aqsa en “espace de conflit religieux organisé”.
Selon les données du gouvernorat de Jérusalem, 5 209 colons israéliens ont pénétré dans l’enceinte d’Al-Aqsa au mois d’août, dont 751 au cours de la seule journée du 13 août. Les autorités palestiniennes indiquent également que ces incursions se sont accompagnées de rituels religieux à l’intérieur de l’enceinte et aux abords de ses portes.
Le site, considéré comme le troisième lieu saint de l’islam, fait régulièrement l’objet d’incursions de responsables et de groupes israéliens d’extrême droite. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s’y est notamment rendu à plusieurs reprises depuis son entrée au gouvernement en 2022, suscitant de vives condamnations palestiniennes et internationales.
En juillet, les ministres des Affaires étrangères de la Türkiye, de la Jordanie, de l’Égypte, du Qatar, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l’Indonésie et du Pakistan avaient condamné les incursions massives de colons à Al-Aqsa, ainsi que les prières et autres actes religieux menés sous la protection des forces israéliennes. Ils avaient estimé que ces pratiques constituaient une violation du statu quo historique et juridique du site.
La situation autour d’Al-Aqsa demeure ainsi l’un des principaux foyers de tension à Jérusalem, alors que les autorités palestiniennes avertissent que la poursuite de ces pratiques pourrait provoquer une nouvelle escalade autour des lieux saints.
























