FRANCE
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Apologie du terrorisme: condamné, François Burgat dénonce un “détournement de la législation”
Relaxé en première instance, le politologue François Burgat est condamné par la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour les faits d’apologie du terrorisme. Il est condamné à 5 000 euros d’amende et à verser 4 000 euros aux parties civiles.
Apologie du terrorisme: condamné, François Burgat dénonce un “détournement de la législation”
François Burgat universitaire de 77 ans est un spécialiste de l'Islam politique / TRT Français

Le politologue et spécialiste de l’islam François Burgat a été condamné hier, le 27 mai, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Il lui est reproché un texte publié sur Twitter dans lequel il explique les raisons de la résistance palestinienne, fût-elle armée.
Il doit notamment verser 4 000 euros aux associations juives pro-sionistes qui ont multiplié les plaintes à l’encontre de toute personne critiquant la politique israélienne à Gaza.

Selon l’avocat de François Burgat, cette “condamnation est particulièrement lourde” et “traduit un réel basculement” en France. La défense de François Burgat rappelle qu’il y a 10 ans, François Burgat était auditionné par l’Assemblée nationale pour son expertise sur les questions de terrorisme. Une décennie plus tard, il est condamné pour “apologie du terrorisme”. “Ce n’est pas son discours qui a changé. C’est le regard que la société porte sur lui. En une décennie, l’expert est devenu coupable”, regrette l’avocat Rafik Chekkat. “En une décennie, la France a basculé”, ajoute-t-il.

“Ils se sont abstraits des faits”

L’universitaire François Burgat avait republié un communiqué du Hamas d’octobre 2023 niant les accusations de viols diffusées par Israël et reprises par le New York Times.
Cela même si le quotidien américain est depuis revenu sur ses affirmations, et même si la journaliste locale qui avait lancé l’affaire était une ancienne des services israéliens, même si plusieurs enquêtes ont conclu au manque de preuves.

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La cour d’appel d’Aix-en-Provence a reproché au chercheur la publication de ce communiqué.
Sur Facebook, François Burgat écrit: “Les raccourcis d’un jugement qui fait sienne sans la moindre distance la logorrhée des parties civiles sont abrupts : non seulement il m’attribue des expressions que je n’ai jamais assumées, mais il ignore plus impardonnablement encore que le fond du communiqué dont la reproduction me vaut cette condamnation a été largement confirmé par toutes les enquêtes possibles.”

Les juges ont estimé que cela équivalait à un soutien à l’organisation palestinienne. Pour François Burgat, on assiste là à un détournement grossier de la législation antiterroriste qui sert à museler les voix pro-palestiniennes. “Il n’y a plus de rationalité judiciaire en France, ils se sont abstraits des faits.”

Des parties civiles pro-Israël

Le fait de voir les parties civiles confortées et de devoir leur verser 4 000 euros est d’autant plus incompréhensible pour le chercheur que ces organisations ont fait un commerce de ces accusations d’apologie du terrorisme depuis 2023. Elles ont multiplié les procédures tous azimuts.

Ensuite, la proximité de ces organisations avec le narratif israélien est à souligner. L’OJE (Organisation juive européenne), par exemple, qui combat officiellement l’antisémitisme en France, soutient bec et ongles la colonisation israélienne en Cisjordanie.
En 2019, elle a ainsi tenté de stopper la mention “colonies israéliennes” sur les étiquettes des produits issus des territoires occupés illégalement.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), lui, est une émanation du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), milite aussi contre la reconnaissance de la Palestine et est soupçonné de “grossir” le nombre d’attaques dites antisémites en France dans ses décomptes.

Une filiation claire avec la politique sioniste d’Israël qui impose cette conclusion selon François Burgat: “ça atteste que le système juridique français est sous influence politique et que le système politique français est sous influence étrangère.”

Le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence avait prononcé en première instance la relaxe de François Burgat le 28 mai 2025, estimant alors que les propos poursuivis ne constituaient pas une apologie du terrorisme. Le parquet avait toutefois fait appel de cette décision.

Depuis l’ouverture de la procédure, cette affaire a suscité des débats autour de la liberté d’expression, du traitement judiciaire des prises de position publiques et des discussions liées au conflit israélo-palestinien en France.

SOURCE:TRT français et agences