AFRIQUE
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L’arbitre somalien Omar Artan, victime collatérale de la politique migratoire de Trump
Meilleur arbitre africain du moment, le Somalien Omar Artan sera absent du Mondial 2026, sur fond de défiance de l’administration américaine envers la Somalie et les Somaliens.
L’arbitre somalien Omar Artan, victime collatérale de la politique migratoire de Trump
Le somalien Omar Artan, a été refoulé samedi à son entrée aux Etats-Unis, pour des raisons encore inconnue, a annoncé la Fifa. / AFP

Il n’y aura pas de Coupe du monde pour le meilleur arbitre africain du moment. Le Somalien Omar Artan a été refoulé samedi à son entrée aux États-Unis, pour des raisons encore inconnues, a annoncé la Fédération internationale de football (Fifa) lundi.

"La Fifa confirme que l’arbitre Omar Abdulkadir Artan ne pourra ni s’entraîner ni officier lors de la Coupe du monde 2026, après s’être vu refuser l’entrée aux États-Unis", a indiqué l'instance.

"La Fifa n'intervient pas dans les procédures d'immigration du pays hôte, y compris dans l'octroi des visas, et a été informée par les autorités que le statut de M. Artan ne serait pas modifié pour le moment", est-il ajouté dans le communiqué.

"Conformément aux précédentes compétitions organisées par la Fifa, c'est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire", a encore rappelé la Fédération internationale.

"À l’issue de l’inspection, le voyageur, un arbitre de la Coupe du monde, a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents et s’est vu refuser l’entrée sur le territoire", a expliqué la police aux frontières américaines (CBP), dépendant de la Sécurité intérieure des États-Unis.

Pourtant, "Omar Abdulkadir Artan disposait d'un visa en règle", a assuré lundi Ciise Aden Abshir, haut conseiller auprès du ministère somalien de la Jeunesse et des Sports.

Il devait être le premier arbitre somalien à officier lors d'une phase finale de Coupe du monde. Âgé de 34 ans, il faisait partie des 52 hommes en jaune sélectionnés pour tenir le sifflet au Mondial coorganisé en juin et juillet par le Canada, le Mexique et les États-Unis

La Somalie et les Somaliens dans le viseur de Trump

La Somalie est l'un des nombreux pays dont les citoyens sont frappés par une interdiction de voyage aux États-Unis imposée par l'administration de Donald Trump.

Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier 2025, la Somalie est dans le collimateur de Donald Trump. En roue libre, sa charge contre ce pays n’a rien de diplomatique.

Le 2 décembre 2025 lors du reunion de son administration, parlant de la communauté somalienne, Trump a surpris l’opinion par la teneur et le ton de ses propos. "Je n’en veux pas dans notre pays." "Ils n’ont rien, ils ne font que s’entre-tuer", a martelé le président américain avant d’ajouter : "Leur pays ne vaut rien (...). Leur pays est pourri, et nous ne voulons pas d’eux chez nous."

Trump réagissait à un scandale dans l'État du Minnesota. La justice locale avait mis en évidence le détournement de plus d’un milliard de dollars versés à des services sociaux existants. Les Américains d’origine somalienne figuraient parmi les principaux mis en cause.

De plus, la députée Ilhan Omar apparaît comme le pire cauchemar de Trump. L'élue du Minnesota, ancienne réfugiée somalienne et figure de premier plan de la gauche américaine, est l'une des cibles privilégiées du président américain. Comme pour la communauté somalienne, il l’accuse régulièrement de fraude sans en apporter la moindre preuve.

Du reste, fin 2025, Minneapolis, principale ville de la diaspora somalienne aux États-Unis, est devenue l'épicentre d'une vaste opération fédérale de contrôle migratoire mobilisant des milliers d'agents de l'ICE et d'autres services fédéraux. Cette campagne a conduit à des milliers d'arrestations et à une forte mobilisation de la société civile locale.

Selon plusieurs spécialistes, les références récurrentes de Donald Trump à la Somalie participent d'un récit politique qui tend à présenter l'immigration en provenance d'Afrique et des pays musulmans sous l'angle de la menace sécuritaire. Cette approche s'est notamment illustrée dès le début de son mandat, lorsque le président américain avait ordonné, le 1er février 2025, des frappes contre des positions de Daech en Somalie, marquant ainsi l'une de ses premières opérations militaires à l'étranger.

Dans ce contexte, l'absence d'Omar Abdulkadir Artan, considéré comme l'un des meilleurs arbitres africains du moment, à la Coupe du monde 2026 apparaît, pour certains observateurs, comme une conséquence indirecte du durcissement des politiques sécuritaires et migratoires mises en avant par l'administration Trump au nom de la protection de la sécurité nationale.

Réagissant à cette situation, l'arbitre somalien a affirmé dans un communiqué être "dans un état d'esprit positif" et vouloir désormais se concentrer sur "les prochains défis de sa carrière d'arbitre".

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SOURCE:TRT Français