Le parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN) a présenté mercredi lors d'une conférence de presse une proposition de loi pour interdire le port de signes religieux dans les conseils d'élus locaux, en réaction à la présence d'une poignée d'élues portant un voile lors de récents conseils municipaux.
"Les dernières élections municipales (qui se sont tenues en mars, NDLR) ont été marquées par l'entrée fracassante de nombreux élus issus de la gauche et de l'extrême gauche, dont certaines ont décidé de participer voilées aux premières réunions du conseil municipal", a soutenu l'autrice de cette proposition de loi, la députée apparentée RN Anne Sicard.
Le texte entend interdire aux élus locaux de "porter le voile islamique ou tout autre signe religieux ostensible" dans leur fonction de représentation, comme lors des commémorations officielles ou les célébrations d'un mariage civil.
Anne Sicard a affirmé avoir proposé à l'ensemble des députés de soutenir son texte, espérant qu'il soit rapidement mis à l'agenda de l'Assemblée nationale.
Mais un soutien large paraît peu probable au-delà du groupe UDR, allié du RN, puisque les autres formations politiques ne s'associent traditionnellement pas aux initiatives des groupes d'extrême droite.
Cette loi est une "digue" pour "aider les maires à faire barrage à l'entrisme islamique", a affirmé Julien Odoul, cosignataire du texte. Le député RN s'est fait connaître en 2019 en s'en prenant longuement à une accompagnatrice portant un voile lors d'une visite scolaire du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté (est).
Il a également salué le maire de la ville de Chalon-sur-Saône (centre-est), Gilles Platret, qui a pris un arrêté interdisant les "signes religieux ostensibles" dans les conseils municipaux.
A la mi-mars, un tribunal a débouté deux élus du parti de gauche La France insoumise (LFI), dont une portant le foulard qui contestaient son arrêté.
Selon Sicard, il est "à craindre" que cet arrêté soit "suspendu en appel par le Conseil d'État (la plus haute juridiction administrative), car aucune disposition législative n'impose expressément à un élu ou un maire de respecter le principe de neutralité religieuse".








