"La façon dont nous protégeons les victimes de manière générale [...] est une défaillance grave de notre système."
Le ministre de la Justice n’a pas mâché ses mots, il estime que le système français est "à plusieurs égards scandaleux" et "délirant". Il met en cause la lenteur de la justice et les répétitions dans les procédures qui sont autant de traumatismes secondaires pour les victimes.
Gérald Darmanin se dit prêt à discuter certains points comme le problème de la non-présentation d’enfants pour les vacances ou le week-end par un parent, punissable de 15 000 euros d’amende et un an de prison, même si une procédure est en cours pour inceste de ce parent. Le ministre s’est dit prêt à discuter une dépénalisation pour les "mères protectrices".
Un crime imprescriptible
Gérald Darmanin a plaidé pour une prise en charge judiciaire spécifique des affaires impliquant des mineurs. Le ministre défend notamment la création d’un juge des violences intrafamiliales, mais aussi une "ordonnance de sûreté" permettant de protéger rapidement un enfant face à un parent soupçonné de violences.
La lenteur de la justice conduit parfois à des drames, des signalements ne sont pas suivis de décisions, les juges des affaires familiales étant chroniquement surchargés. Ajoutons que parfois, malgré des décisions de justice d’éloignement des enfants pour les protéger, celles-ci ne sont pas appliquées faute de places dans les organismes de protection de l’enfance.
Le garde des Sceaux a également défendu l’imprescriptibilité des crimes commis contre les mineurs. "On n’aura pas réglé le problème profond de l’inceste, mais on aura sans doute réglé le problème de ceux qui dénoncent et qui par notre mauvaise action publique continuent de vivre les traumatismes", a expliqué Gérald Darmanin.
















