"Elle a été entendue comme témoin assisté", a indiqué cette source, confirmant une information du quotidien Libération, qui a fait état d'une audition jeudi dernier au tribunal judiciaire de Paris.
Alors que les policiers enquêtaient sur le tentaculaire dossier dit des "barbouzeries" autour du PSG, dont sont soupçonnés d'anciens responsables du club parisien, des policiers et le lobbyiste franco-algérien Tayeb Benabderrahmane - que Libération présente comme ayant des relations de proximité avec Mme Dati -, ils ont découvert que des recherches (consultation de listings d'Air France, de fichiers par des policiers...) avaient été réalisées concernant une actionnaire de Renault ayant porté plainte contre elle, et son avocat.
Cette plainte, déposée en 2019 par Me Jean-Paul Baduel, au nom de sa compagne, Danièle Coutaz, depuis décédée, a conduit le Parquet national financier (PNF) à ouvrir une enquête: cette affaire Rachida Dati-Carlos Ghosn sera jugée en septembre à Paris.
"Il y a des intentions malveillantes derrière cette enquête sur moi et ma femme", a affirmé Me Baduel mardi à l'AFP, saluant le placement de Mme Dati sous le statut de témoin assisté.
"C'est un bon début", a souligné l'avocat, qui a déposé plainte fin 2022 avec sa femme au sujet de cette "enquête clandestine" les visant. Il a rappelé que le statut d'avocat prévoyait "protection quand ils sont menacés dans le cadre de leur exercice professionnel".
Interrogée en novembre 2022 par Libération sur les soupçons de surveillance du couple, Mme Dati avait répondu qu'il s'agissait "d'élucubrations".
Dans le dossier Renault-Carlos Ghosn, Mme Dati a été renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris notamment pour corruption et trafic d'influence passifs.
Elle est accusée d'avoir noué un pacte de corruption et d'avoir fait illégalement du lobbying au Parlement européen, où elle a siégé comme élue de 2009 à 2019, pour le compte de Renault et de son patron d'alors Carlos Ghosn, aujourd'hui en fuite au Liban et lui aussi renvoyé devant le tribunal, du 16 au 28 septembre prochain.
Entre 2009 et 2013, Rachida Dati a reçu 900.000 euros au titre d'une convention de rémunération forfaitaire d'avocats. La prévenue soutient n'avoir fait qu'un travail d'avocate tout à fait légal.
Rachida Dati est au centre d'autres procédures judiciaires, moins avancées, comme une enquête sur des soupçons de rémunération de la part du groupe Engie (ex-GDF Suez) alors qu'elle était eurodéputée.


















